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Les occidentaux accusent la Chine de favoriser ses exportations grace à une monnaie faible face au dollar.

«Substantiellement sous-évalué», et «continuellement mal aligné». Sans aller jusqu'à qualifier la Chine de pays «manipulateur de devises», le Trésor américain a vertement critiqué mardi la politique monétaire menée par la puissance asiatique. La réponse chinoise est arrivée ce samedi. Dans un entretien à l'hebdomadaire Caixin, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque populaire de Chine (banque centrale), défend fermement son régime de taux de change affirmant qu'il évolue progressivement pour rendre le yuan, sa monnaie nationale, plus flexible.

Aujourd'hui, les variations du yuan sont contenues. Fixées quotidiennement par la Banque populaire de Chine, elles varient entre plus ou moins 0,5 %. Une évolution limitée qui irrite régulièrement les partenaires commerciaux de la Chine. Les États-Unis estiment en effet que le niveau artificiellement bas de la devise favorise les exportations de biens manufacturés chinois (l'avantage compétitif est estimé à 30 % par rapport aux produits américains) et alimente de forts déficits commerciaux entre certains pays et la Chine. La directrice générale du Fonds monétaire internationale, Christine Lagarde, a déjà appelé la Chine à se doter d'une monnaie plus forte, tandis que Ben Bernanke, président de la Banque centrale américaine affirme que «la politique de change chinoise pénalise le processus de reprise» aux États-Unis. Analyse réfutée par les autorités asiatiques: le mois dernier, Hu Jintao, le président chinois, avait répondu à son homologue américain, Barack Obama, qu'une réévaluation même forte du yuan n'aiderait pas les États-Unis à régler leurs problèmes.
Internationalisation croissante

Selon Zhou Xiaochuan, la bande de fluctuation pourrait néanmoins être élargie dans le futur, comme le pays s'y était engagé au mois de novembre dans le communiqué final du dernier G20. Mais pas nécessairement autant que le souhaitent les partenaires commerciaux. La précédente décision en ce sens n'avait pas donné les résultats escomptés par les américains. En 2010, Pékin avait décidé de laisser évoluer le taux de change entre le yuan et le dollar, après presque deux ans d'immobilisme. Or, la monnaie chinoise s'est depuis appréciée d'environ 8 % face au billet vert, et de près de 12 % en tenant compte de l'inflation, selon le département du Trésor. Rythme jugé insuffisant par le gouvernement américain.

Outre son taux de change, c'est l'internationalisation du yuan qui inquiète les États-Unis. Car si Pékin reste attachée à sa sous-évaluation, elle souhaite imposer sa monnaie comme l'une des principales devises mondiales. Pour la première fois en 2010, des sociétés étrangères (McDonald's, Caterpillar, Air liquide, la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement) ont émis leurs premières obligations en yuan. Et le 25 décembre dernier, la Chine et le Japon sont convenus de multiplier les échanges commerciaux dans leurs monnaies respectives, le yuan et le yen, à la place du dollar. Cette accord a d'ailleurs entraîné le mécontentement américain à l'égard du Japon, les premiers enjoignant le second à poursuivre ses réformes pour stimuler son économie plutôt que de tenter d'influencer son taux de change par des interventions unilatérales.
 
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