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Il y a deux semaines, craignant que son cas ne sombre dans l'oubli, cinq lauréats du Nobel de la paix, dont le Sud-Africain Desmond Tutu et l'Iranienne Shirin Ebadi, ont lancé une campagne pour sa libération. Ils s'insurgent notamment contre une «campagne internationale d'intimidation», visant à proscrire toute intervention en faveur de l'intellectuel embastillé.

Le 10 décembre 2010, une photo avait fait le tour du monde. Celle d'une chaise vide à Oslo, le jour de la remise du Nobel. Liu Xiaobo avait appris la nouvelle depuis sa prison de Jinzhou, dans la province du Liaoning (Nord-Est). Il avait alors dédié son prix aux morts de Tiananmen. L'homme a été condamné à cette lourde peine pour de simples écrits, des textes dans lesquels il appelait à une démocratisation du régime. On lui reprochait notamment d'être l'un des principaux rédacteurs de la Charte 08, un manifeste prodémocratie signé ensuite par des milliers de personnes.
Résidence surveillée

En octobre dernier, les autorités chinoises ont semblé relâcher un peu l'étau autour de Liu Xiaobo. On a appris, grâce à des «fuites» apparemment bien orchestrées, qu'il avait reçu cet été une visite de sa femme Liu Xia, puis de ses frères. Ces derniers ont confié que leur frère, âge de 55 ans, était en «bonne condition physique». Le Prix Nobel s'est aussi vu accorder une permission de sortie exceptionnelle, le 18 septembre, après la mort de son père. Il a pu se rendre au domicile familial, dans la région de Dalian (Nord-Est), pour la cérémonie.

Dans le discours, les officiels continuent toujours à traiter l'écrivain de «criminel». Et sa femme Liu Xia paye elle aussi le prix de l'impertinence intellectuelle de son mari. Hors de tout cadre juridique, elle est assignée à résidence à Pékin depuis octobre 2010, avec des moyens de communication avec l'extérieur très restreints. Une exposition de ses photos a eu lieu récemment en France, organisée par la mairie de Boulogne-Billancourt. Les étonnants clichés doivent prendre bientôt le chemin de New York.

Du côté des autres figures de la dissidence intérieure chinoise, l'heure ne semble pas à l'assouplissement de la répression. Le 17 décembre, les autorités chinoises ont remis en prison l'avocat Gao Zhisheng, porté disparu depuis un an et demi. Figure de la défense des droits de l'homme en Chine, condamné à trois années de prison en 2006, il a vu sa mesure de probation annulée. Et Chen Guangcheng, ce juriste autodidacte, aveugle depuis l'enfance, est toujours en résidence surveillée. Il avait déclenché le courroux des autorités en dénonçant les stérilisations abusives de femmes ainsi que les avortements forcés et tardifs dont elles sont victimes. En voulant lui rendre visite il y a quelques jours, l'acteur Christian Bale, vedette du dernier film pourtant bien dans la ligne du réalisateur chinois Zhang Yimou, a été malmené par les nervis du régime qui isolent Chen du monde.

Enfin, le dissident et écrivain Chen Wei a été condamné vendredi à neuf ans de prison pour «incitation à la subversion du pouvoir de l'État ». Militant des droits de l'homme connu en Chine depuis la révolte de Tiananmen, il avait été interpellé en février par la police, dans le cadre d'un renforcement de la répression consécutive aux appels à des «rassemblements du jasmin» inspirés des révolutions arabes. À l'énoncé de la sentence, Chen Wei s'est exclamé: «Je suis innocent, la démocratie vaincra et ce sera la fin des dictateurs.»
 
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