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Le sort d'Ai Weiwei est suivi de près sur la toile

Depuis son arrestation dimanche matin, au grand jour, à l’aéroport international de Pékin, Ai Weiwei n’a plus donné de nouvelles. Cet artiste à la renommée internationale, trublion de la politique chinoise, devait se rendre à Hong Kong puis à Taïwan, pour discuter de l’organisation d’une exposition. Son épouse a été interrogée dimanche soir par la police locale puis libérée, mais dit n’avoir pu récolter aucune information sur son mari. Les huit assistants du studio que dirige Ai Weiwei, dans le quartier de Caochangdi, au nord-ouest de Pékin, ont également été relâchés lundi après-midi, rapporte le site web consacré à Ai Weiwei. Le studio a été fouillé et est toujours sous surveillance policière, plusieurs ordinateurs et disques durs ont été confisqués, et l’accès à Internet a été coupé dans le voisinage.

L'absence de nouvelles d'Ai Weiwei, plus d’une journée après son arrestation, n’est pas bon signe. Le Wall Street Journal souligne que la loi chinoise prévoit que les proches d’un détenu doivent être alertés dans les 24h. Or, ni son avocat ni sa femme n’ont pu entrer en contact avec lui.

"Le temps de la dissidence ouverte est révolu"

L’inquiétude concernant le devenir d’Ai Weiwei est d’autant plus grande qu’elle fait suite à "l'arrestation de douzaines de personnes ces derniers mois", selon le décompte d’Amnesty International. Les autorités ont réagi à l’apparition sur la Toile de messages encourageant à des rassemblements en Chine, régulièrement le dimanche, pour protester contre l'inflation, la corruption et le fossé entre les riches et les pauvres.

Par ces vagues d'arrestation, le gouvernement chinois veut "envoyer le message que le temps de la dissidence ouverte est révolu", croit comprendre l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à Londres. "Si les autorités chinoises ont l'audace d'interpeller un artiste de renommée mondiale au grand jour à l'aéroport de Pékin, on ne peut que s'inquiéter en songeant à la manière dont sont susceptibles d'être traîtés d'autres dissidents moins connus", ajoute l’ONG.

"Ce que je trouve le plus préoccupant, c'est le fait que ces activistes ont "disparu" et que le gouvernement refuse de prendre la responsabilité de leur détention. Cela fait presque plus d'un mois qu'ils sont injoignables. Il y a de sérieux risques de torture et de mauvais traitements", rapporte le spécialiste de la Chine de Human Rights Watch basé à Hong Kong, Nicholas Bequelin, interrogé par Le Monde.


Très prisé sur la blogosphère

L'arrestation d'Ai Weiwei constitue une étape importante dans cette "vague de répression, la plus importante depuis plus de dix ans", selon Agnès Gaudu, chef de la rubrique Chine, Singapour et Taïwan à Courrier International. "Pour la première fois depuis la mise en détention criminelle d’une vingtaine personnes – des activistes, avocats, militants, blogueurs, connus d’un cercle restreint -, quelqu’un d’extrêmement populaire en Chine a été arrêté", décrypte-t-elle. Ai Weiwei s’était fait connaître du grand public lors de son enquête sur les bâtiments publics qui se sont effondrés lors du séisme dans la province de Sichuan en 2008. "Il s’est forgé également une réputation solide pour son impertinence et ses plaisanteries à caractère politique", rappelle Agnès Gaudu.

Ses photos subversives sur la place Tian'anmen ont fait le tour du Web chinois, et son blog sur le site grand public Sina.com a connu un gros succès, avant d’être censuré il y a deux ans. À tel point qu’il avait été élu par les internautes chinois "artiste de l’année" lors d’un vote organisé par Sina.com au début de l’année. Le site web avait finalement dû faire machine arrière et organiser un nouveau vote. Les œuvres d’Ai Weiwei sont exposées en ce moment à la Tate Modern Gallery à Londres. Elles auraient dû faire l’objet d’une première grande exposition à Pékin, avant que la galerie belge UCCA ne se rétracte au mois de février.

Ai Weiwei lors de son enquête dans la région du Sichuan:


Un liveblogging sur le site américain HyperAllergic, actualisé heure par heure, lui est consacré. Un groupe sur Facebook a été créé ce lundi. Alison Klayman, journaliste indépendante basée à Pékin, et qui a tourné un film consacré à Ai Weiwei, "Never sorry" dont la sortie est prévue pour 2011, publie régulièrement des tweets (@aliklay) sur la situation. Elle rapporte ainsi que le site de microblogging chinois Sina Weibo regorge de gazouillis qui s’enquièrent du sort de l’artiste.
 
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