dictionnaire fr-cn site
Le Club
(Plus de
50 000
inscrits!!!)
Brillant par leur absence au dîner de gala donné mercredi soir par Barack Obama en l'honneur du président chinois, le speaker républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, et le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, n'auront profité ni du homard du Maine ni de la vision de la ravissante robe sans manches de Michelle Obama ou de la compagnie des acteurs Jacky Chan et Barbra Streisand, présents à la Maison-Blanche parmi 225 invités de marque. Soucieux d'exprimer le ressentiment de l'opinion américaine pour une Chine de plus en plus perçue comme une machine à tuer les emplois nationaux et comme une terre bafouant quotidiennement les droits de l'homme, ils avaient décliné l'invitation de manière ostentatoire. Dans une interview à une radio de Las Vegas, Harry Reid avait été jusqu'à qualifier Hu Jintao de «dictateur», avant d'atténuer ses propos. Cela n'a pas empêché l'impassible dirigeant chinois de se rendre ce jeudi sur la colline du Capitole, pour y retrouver outre Boehner et Reid, l'ex-speaker démocrate Nancy Pelosi aujourd'hui leader de la minorité démocrate, ainsi que le président du comité sénatorial des relations extérieures, John Kerry. Des interlocuteurs plutôt fraîchement disposés à l'encontre de M. Hu et de son pays.


Remontés contre la répression

Ce n'est pas une surprise. Le Congrès se fait traditionnellement l'écho de l'opinion et des groupes de pression présents dans la société américaine. Ainsi maints députés et sénateurs, républicains comme démocrates, sont-ils très remontés contre la chape de répression et de censure qui pèse toujours sur la société chinoise, malgré son spectaculaire envol économique -des résidents de Pékin racontaient ce jeudi que les chaînes CNN et BBC, accessibles dans les grands hôtels, avaient été coupées pendant les questions musclées sur les droits de l'homme des journalistes américains à M. Hu.

Surtout, plusieurs sénateurs, emmenés par le démocrate Charles Schumer menacent de mettre au vote une loi destinée à sanctionner commercialement la Chine, pour la punir de «manipuler» sa monnaie. «De plus en plus d'élus au Congrès, voient en Pékin un danger», résume un reporter de CNN. D'autres législateurs appellent toutefois à ne pas sous-estimer les opportunités du vaste marché chinois. «C'est bien cette dualité qui pose dilemme. Au Congrès comme à la Maison-Blanche, on voit la nécessité de coopérer avec Pékin mais aussi de ne pas fermer les yeux sur le renforcement de ses capacités militaires ou ses ambiguïtés stratégiques en Corée du Nord», confie une source au Sénat.

De ce point de vue, républicains et démocrates sont traversés par les mêmes doutes, même si les démocrates sont plus préoccupés par la protection des marchés nationaux, en raison de leurs liens avec les syndicats, tandis que les républicains seraient plus sensibles aux arguments du lobby prochinois des grandes entreprises commerçant avec la Chine. «Ce qui est intéressant, note cette même source, c'est que la présidence peut profiter de la pression exercée par le Congrès, dans ses discussions avec Hu. Elle peut dire: “si vous ne cédez pas quelque chose, si vous ne rééquilibrez pas les distorsions créées par le yuan, je ne garantis pas la réaction du Congrès”…»


Commercer avec la Chine

Conscient de ce contexte, le président chinois devait réaffirmer dans l'après-midi tout l'intérêt de commercer avec l'empire du Milieu devant le Comité national pour les relations sino-américaines, avant de s'envoler vers les frimas de Chicago, ville jumelée avec Shanghaï, où s'achèvera son voyage. Mais nul ne s'attendait à court terme à une annonce radicale de Pékin sur le yuan. Ce jeudi, l'effet d'annonce était plutôt côté américain dans un communiqué commun signé pendant la visite, les États-Unis ont annoncé «soutenir les efforts de la Chine», en vue de faire du yuan une monnaie de réserve internationale. Un privilège historique du dollar.
 
Plan du Site

Page served in 0.014s