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Le yuan s'est apprécié de 3,9 % depuis juin dernier, et on s'attend à une appréciation de 5 à 6 % pour 2011.

Le taux de change du yuan sera au cœur des entretiens entre Hu Jintao et Barack Obama mercredi à la Maison-Blanche. Dans un entretien écrit avec la presse américaine, le président chinois s'est montré peu enclin à accepter les arguments américains en faveur d'une appréciation rapide de sa monnaie. La grande question aujourd'hui est de savoir si Pékin a une réelle stratégie sur le sujet. Ou si la Chine agit au coup par coup, en fonction des accès de pression internationale et d'impératifs internes.

Malgré d'évidentes divergences entre certains groupes d'intérêts et la Banque centrale, par exemple, tout laisse penser que Pékin sait où il va. «La Chine a des objectifs à long terme. À savoir plus de consommation, une hausse du pouvoir d'achat de la classe moyenne et le développement du secteur des services, estime Luca Silipo, chef économiste pour l'Asie-Pacifique chez Natixis. Ces trois objectifs passent par un yuan plus fort. Ils savent très bien qu'il doit s'apprécier, mais ils le font prudemment, graduellement, avec des pauses. Mais cela est tout sauf improvisé.» Le yuan s'est apprécié de 3,9 % depuis juin dernier, et on s'attend à une appréciation de 5 à 6 % pour 2011.

Tout le monde a noté aussi, dans la même interview, la saillie de Hu Jintao contre le système monétaire international actuel, qualifié de «produit du passé», même s'il a reconnu qu'il faudrait longtemps avant que le yuan devienne une monnaie de réserve. Des propos peu amènes pour le dollar. De fait, Pékin avance un jalon pour que le yuan devienne une monnaie d'échanges internationaux, même si elle reste non convertible. Depuis deux ans, la Chine a signé une série d'accords d'échanges de devises (swaps) et lancé à titre expérimental des règlements en yuans avec une série de pays, surtout d'Asie du Sud-Est.

Monnaie de réserve

Les banques de Hongkong sont autorisées à utiliser le yuan pour les paiements entre entreprises, ce qui ouvre la porte à des produits financiers libellés en yuans. Symboliquement, McDonald's a été la première entreprise non financière à annoncer l'émission d'obligations en yuans pour 30 millions de dollars. La semaine dernière, Pékin a décidé d'ouvrir le marché des obligations interbancaires chinoises à davantage d'investisseurs étrangers. «Il est évident qu'ils veulent fermement avancer dans ce sens, poursuit Luca Silipo. Ce qui est moins clair, c'est si les dirigeants chinois pensent réellement que le yuan puisse se substituer au dollar comme monnaie de réserve. Leur idée est sans doute d'évoluer vers plus de liberté dans les mouvements de capitaux, avec donc plus d'utilisation internationale du yuan. Là encore, ils vont prudemment mais de manière décidée.»

Économiste américain, enseignant à l'Université de Pékin, Michael Pettis estime qu'il y a un «vague objectif à long terme d'un yuan monnaie internationale majeure à parité avec le dollar», mais qu'il n'est pas sûr que la Chine y parvienne. «De ce point de vue-là, cela me rappelle ce que les gens disaient du yen japonais il y a vingt ans.» À l'époque, rappelle-t-il, la part du PIB japonais dans celui du monde était le double de celle de la Chine aujourd'hui. «Malgré ces débats excitants, le yen n'est jamais devenu une importante monnaie de réserve ou d'échanges, poursuit-il. Il a connu nombre des problèmes auxquels doit faire face le yuan aujourd'hui.»
 
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