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La Chine a prévenu jeudi que la proposition de loi adoptée la veille par les représentants américains, qui considère la politique de change chinoise comme une subvention déguisée, pourrait affecter gravement les relations entre Pékin et Washington.

Pékin exhorte le Congrès à ne pas prendre de décisions qui pourraient nuire aux liens entre les deux pays, a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, lors d'un point presse, ajoutant que la Chine était "résolument opposée" au texte de loi.

Elle a toutefois refusé de dire si des mesures de rétorsion étaient à l'étude et a qualifié d'"hypothétique" un éventuel recours de la Chine devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La proposition de loi, adoptée mercredi soir par 348 voix contre 79, ouvre la voie à la mise en place par les Etats-Unis de droits de douane supplémentaires sur des produits venant de Chine et risque ainsi de raviver des différends de longue date entre Washington et Pékin au sujet des échanges commerciaux et des emplois.

Le département américain du Commerce est en effet autorisé à traiter "les devises fondamentalement sous-évaluées" comme des subventions illégales aux exportations, permettant ainsi aux entreprises de demander une indemnité compensatoire.

Cette loi doit encore être adoptée par le Sénat, où l'issue du vote - sans doute après les élections de mi-mandat en novembre - semble plus incertaine. Pour être appliquée, la loi devrait ensuite être signée par le président Barack Obama, qui avait évoqué avec le Premier ministre chinois les questions du taux de change et du déséquilibre commercial entre les Etats-Unis et la Chine lors de l'assemblée générale des Nations Unies la semaine dernière.

A Pékin, un porte-parole du ministère du Commerce, cité par l'agence de presse officielle Chine nouvelle, a rapidement réagi en déclarant que le texte "n'était pas conforme aux règlements de l'OMC".

Cette première réaction, sous forme de déclaration surtout juridique, était apparue plutôt mesurée au regard de la position de Pékin face à d'autres litiges intervenus dans le courant de l'année, comme la vente d'armes américaines à Taiwan qui a conduit le gouvernement chinois à geler ses contacts militaires avec les Etats-Unis.

"Je ne pense pas que la Chine va fortement réagir à l'adoption de la proposition de loi", commentait Jin Canrong, professeur de relations internationales à l'université Renmin de Pékin. "La Chine souhaite préserver la stabilité de l'ensemble de ses relations."

UNE ÉVOLUTION RAPIDE DU YUAN JUGÉE PEU PROBABLE

La Chambre américaine de commerce en Chine a fait part de son opposition à l'initiative des parlementaires américains. "S'il acquiert force de loi, la Chambre ne pense pas que le texte sera en mesure d'atteindre ses objectifs et il ne parviendra pas à générer une croissance sensible des emplois aux Etats-Unis", explique-t-elle dans un courrier électronique.

Avant que le texte ne soit voté par les représentants, Barack Obama avait estimé, lors d'un déplacement dans l'Iowa, que le yuan était effectivement sous-évalué et que ceci était l'une des causes du déséquilibre commercial entre les deux pays.

"La raison pour laquelle j'insiste sur la question du taux de change avec la Chine est que leur monnaie est sous-évaluée", avait-il dit.

En réponse à une question sur le sujet, Barack Obama avait pris acte du fait que beaucoup d'Américains pensaient que Pékin maintenait volontairement le yuan à un niveau bas pour rendre les produits chinois moins chers et les produits venus des Etats-Unis plus onéreux.

La Maison blanche n'a cependant pas donné son avis concernant ce texte de loi, disant simplement qu'il ne fallait pas enfreindre les règles de l'OMC.

Avant le vote de la Chambre des représentants, la banque centrale chinoise avait réaffirmé mercredi sa volonté, affichée depuis quelques mois, d'accroître la flexibilité du yuan.

Depuis l'abandon du lien entre la devise chinoise et le dollar annoncé le 19 juin, le yuan a gagné près de 2,2% face au billet vert, l'essentiel de cette hausse s'étant produite au cours du mois de septembre.

Des économistes du Fonds monétaire international (FMI) estiment que le yuan est sous-évalué de 5% à 27% face au dollar.

Il est toutefois peu probable que l'initiative du Congrès américain entraîne des changements rapides, soulignent des analystes chinois.

"Si vous songez à une réévaluation exceptionnelle de 3% à 5% ou à une hausse de 20% du yuan sur un an (...) vous pouvez oublier", lance Fu Bingtao, économiste à l'Agricultural Bank of China.
 
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