
La pression sur Pékin a augmenté ces dernières semaines après plus d'un an de quasi-stagnation du yuan face au dollar américain. Parmi les toutes dernières voix à s'élever pour appeler la Chine à faire évoluer sa politique figure celle de Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
La banque centrale chinoise a légèrement modifié la semaine dernière son discours sur le sujet, abandonnant la référence à sa volonté de maintenir un yuan "fondamentalement stable" et évoquant la possibilité de prendre pour référence de l'évolution de sa monnaie un panier de devises et plus le seul billet vert.
Ces propos ont alimenté les spéculations mais les anticipations des marchés restent prudentes.
Pour le ministère du Commerce, "que ce soit du point de vue de la promotion d'un développement économique global stable ou du point de vue de la promotion de la reprise des exportations chinoises, nous devons assurer à nos entreprises un environnement stable et prévisible, y compris en ce qui concerne la politique macroéconomique et la politique de changes", a dit lundi l'un de ses porte-parole, Yao Jian.
La plupart des analystes estiment que la Chine attendra une reprise marquée de ses exportations avant de laisser le yuan monter.
Yao Jian a expliqué que le taux de change n'avait qu'un impact limité sur l'excédent commercial chinois et qu'il était injuste de faire des exportations chinoises la cause première des déséquilibres mondiaux.
USA, FMI ET UE VEULENT UN YUAN PLUS FORT
"Si on ne demande qu'à un seul pays de laisser sa monnaie s'apprécier alors que la valeur du dollar continue de baisser, cela ne profitera pas à la reprise économique mondiale et ce sera injuste", a-t-il dit.
Pour sa part, Dominique Strauss-Kahn a déclaré lundi que l'appréciation des taux de change faisait partie des réformes nécessaires en Chine pour augmenter la consommation intérieure.
"Une monnaie plus forte fait partie du paquet de réformes nécessaires", a-t-il dit lors d'une conférence à Pékin, selon le texte de son discours.
"Permettre au renminbi (yuan) et à d'autres devises asiatiques de monter faciliterait l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages, augmenterait la part du travail dans les revenus et assurerait des incitations justes à la réorientation de l'investissement", a-t-il ajouté.
Le secrétaire américain au Commerce, Gary Locke, a déclaré à Reuters lundi que les Etats-Unis étaient satisfaits des progrès accomplis par la Chine mais que celle-ci devait faire encore plus.
De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a renvoyé la Chine et les Etats-Unis dos à dos en disant espérer que tous deux respecteraient leurs engagements en matière de changes.
"Nous prenons bonne note des récentes déclarations (du secrétaire américain au Trésor Timothy) Geithner disant que l'administration américaine soutenait un dollar fort", a-t-il dit à des journalistes en marge d'une conférence à Vienne.
"Et (aussi) des déclarations des autorités chinoises (...) selon lesquelles elles vont reconsidérer la parité actuelle du yuan face au dollar. Je crois qu'il s'agit de déclarations positives qui, je l'espère seront suivies d'effet."
Les marchés anticipent actuellement une appréciation d'environ 3,5% du yuan par rapport au dollar à un horizon d'un an.
Version française Marc Angrand
Source:
http://fr.news.yahoo.com/4/20091116/tbs-chine-yuan-7318940.html