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À l'heure de la communion mondiale numérisée et des voyages low-costs, les expositions universelles n'ont plus guère à faire se découvrir des mondes qui se côtoient tous les jours. Leur éclat, d'ailleurs, ne porte plus si loin. Sauf… sauf quand il s'agit de la Chine, et en Chine de la cosmopolite Shanghaï. L'Expo 2010, prévue entre le 1er mai et le 31 octobre, a toutes les chances de rester dans l'Histoire, comme celle de Paris en 1900.

Le symbole et les enjeux sont énormes, pour Shanghaï comme pour la Chine. Deux ans après la démonstration olympique, l'Expo 2010 est une nouvelle occasion d'affirmer l'émergence de la puissance chinoise. Shanghaï, elle, est « comme une jeune fille dont on fait la toilette » selon les mots de son maire, Han Zheng. Mais les changements ne seront pas que cosmétiques et cette mégalopole de 19 millions d'habitants entend bien redevenir la cité phare de l'Asie. « La ville va changer son positionnement, changer de statut économique, explique Xu Bo, commissaire général adjoint de l'exposition. De ville industrielle, elle veut devenir une capitale des services et un grand centre culturel. » Après l'événement, les bâtiments construits doteront enfin Shanghaï du site qui lui faisait défaut pour accueillir les grandes manifestations internationales. Par exemple, elle disposera désormais d'une grande salle de spectacles d'une capacité de 18 000 personnes.

Comme pour les JO de Pékin, en fait, on est dans le « plus » et la chasse au podium. Les estimations oscillent entre 70 et 100 millions de visiteurs. Parmi les invités de marque, Nicolas Sarkozy qui devrait venir soit à l'ouverture, soit à la fermeture de l'Expo. Le nombre de participants - 192 pays souverains et 42 organisations internationales - est lui aussi historique. À l'unisson, la superficie du parc. Il s'étend sur 5,28 km², soit deux fois Monaco, et qui plus est dans le centre de la ville et non pas comme souvent en périphérie. « Nous n'avons pas choisi un site vierge, et c'est là le premier défi, explique Xu Bo, il y avait là 272 usines très polluantes, comme des fonderies ou des chantiers navals et 60 000 personnes y vivaient dans des conditions insalubres. Par ce choix, nous interprétons déjà le thème urbain de l'exposition. »

Ce thème a été très habilement choisi par les décideurs chinois. Le défi urbain, sous le slogan « Meilleure ville, meilleure vie », n'avait jamais été exploré par les expositions. Dans un pays-continent où même les « petites villes » décomptent leurs ouailles en millions et où les folles migrations intérieures créent une urgence urbaine, le choix est logique. « Mais il est aussi très fédérateur et concerne le monde entier, quel que soit le niveau de développement, quelle que soit l'idéologie », poursuit Xu Bo. Une partie du site abritera un « espace des meilleures pratiques urbaines », où villes et régions du monde entier viendront présenter leurs bonnes idées. Et un tiers de la surface de l'exposition sera consacré à des espaces verts.

Mais l'ambition chinoise ne s'arrête pas là et l'affaire a été bien pensée, jusqu'au bout. Un sommet international sera organisé à la fin de l'exposition et la Chine veut y faire adopter une « Déclaration de Shanghaï », endossée par l'ONU. Une sorte de manifeste de la ville idéale traçant la voie pour les décennies futures.


Grues et poussière

Sept mois avant le coup d'envoi, la ville n'est que grues et poussière. On montre ici fièrement « le plus grand chantier du monde », avec 8 000 constructions de toutes les tailles. Le budget est d'environ 2 milliards d'euros pour le site et 1 milliard supplémentaire pour le fonctionnement de l'exposition. « Mais il faut compter au moins dix fois plus pour toute la ville, poursuit Xu Bo, l'exposition va faire gagner dix ans en termes de développement urbain. »

Plusieurs lignes de métro sont construites. La capacité de l'aéroport de Pudong doit plus que doubler pour atteindre 80 millions de passagers en 2015 contre 30 millions aujourd'hui et l'on déploie autoroutes et tunnels sous le fleuve Huangpu. Côté esthétique, en ville, tout est repeint, au moins ce qui est visible. Le fameux Bund est en pleine mue.

Le seul point qui donne des sueurs froides aux organisateurs est la gestion du nombre de visiteurs, quelque 400 000 par jour en moyenne. Il y a les simples questions de fluidité d'accès sur le site mais aussi les problèmes de sécurité qui se posent en d'autres termes que pour les JO, circonscrits à des enceintes sportives et qui ne duraient que deux semaines. Là, ce sont 100 millions de personnes, sur six longs mois, en pleine ville. Les visiteurs devraient être à 90 % chinois mais il reste à savoir quelle politique de visas Pékin adoptera pour les étrangers, si elle sera aussi restrictive que pendant la période olympique de 2008. Dernière ombre au tableau, la grippe A. Une épidémie courant chez les milliers d'ouvriers du site cet hiver pourrait faire tousser les délais.
 
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