
« J’ai porté ces chaussures pour la première fois le 31 juillet. J’ai dû les garder cinq heures d’affilée et, quand je les ai retirées, des morceaux de peau sont venus avec les chaussettes. Mes pieds avaient doublé de volume et présentaient des brûlures profondes. » Hospitalisé le 3 août au CHU de Nice (Alpes-Maritimes), Bernard Beltran, 51 ans, s’est vu diagnostiquer des brûlures aux 2e et 3e degré sur les faces dorsales et postérieures des pieds, dues au port de chaussures. « Il n’y a aucune autre cause possible. Lorsque j’ai enfilé les chaussures, mes pieds étaient nickel, j’avais pris une pointure supplémentaire et relâché la bride pour ne pas être serré », confie-t-il. Comble de malchance : la paraplégie dont est atteint Bernard Beltran le « prive de sensations dans les pieds », donc il n’a pas « senti la douleur ».
Achetées en Italie
Les chaussures, de la marque chinoise Lalikaer, avaient été achetées le 26 juillet dans un magasin de Vallecrosia, en Italie. Bernard Beltran met en cause les petits sachets de fongicide placés dans chacune des deux chaussures, un produit anti-moisissure interdit dans l’Union européenne depuis janvier 2009. En effet, quelques mois plus tôt, plusieurs acheteurs français de chaussures importées de Chine avaient été victimes de graves réactions allergiques.
Le Niçois, qui dit avoir « frôlé l’amputation du pied droit », devrait être de nouveau hospitalisé lundi, pour une dizaine de jours, afin de subir une opération de chirurgie réparatrice. Bernard Beltran ne se fait pas d’illusions, il sait que son rétablissement pourrait prendre plusieurs mois. Mais cela ne l’empêche pas de se mobiliser, il constitue actuellement un dossier de plainte contre le fabricant et souhaite que les pouvoirs publics communiquent davantage sur le danger présenté par certains produits importés.
La saga des produits urticants
Ce n’est pas la première fois que des produits fabriqués en Chine sont en accusation. L’an dernier, des fauteuils et canapés de relaxation commercialisés par l’enseigne Conforama avaient provoqué des réactions allergiques chez leurs usagers. Une dizaine d’entre eux avaient même été hospitalisés, en raison d’un eczéma. Le groupe d’ameublement avait attribué ces démangeaisons au trop grand nombre de sachets anti-moisissure contenus dans certains lots. Moins de deux mois plus tard, en novembre dernier, ce sont des bottes « made in China » qui avaient été mises en cause. La Direction générale de la santé avait confirmé qu’un produit anti-moisissure, le diméthylfumarate, glissé dans les bottes, chaussures et ballerines chinoises, était à l’origine de réactions allergiques. Alertée par un dermatologue, la marque de vêtements Etam avait dû procéder au rappel de certains modèles.
Source:
http://www.francesoir.fr/societe/2009/08/29/chaussure-allergie-urticant.html