
Des responsables du bureau des Affaires civiles de Pékin ont signifié vendredi à Gongmeng (baptisé "Open Constitution Initiative" en anglais, OCI) la fermeture de son Centre de recherches légales, arguant que ce dernier n'était pas dûment enregistré auprès du gouvernement, explique Gongmeng sur son site internet.
Mais le centre, étant une partie du groupe, n'avait pas à être enregistré indépendamment et, par conséquent, "les actions du Bureau des affaires civiles sont illégales", affirme aussi Gongmeng, une organisation à but non lucratif engagée en faveur du "bien public, de l'action citoyenne et d'une Chine constitutionnelle".
L'OCI a notamment conseillé des familles de victimes du lait contaminé à la mélamine, qui avait tué six enfants, près de 300.000 autres tombant malades l'an dernier.
Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé la mesure, faisant le lien avec les obstacles rencontrés ces derniers mois par des avocats engagés, dont un certain nombre n'ont pas obtenu le renouvellement annuel de leur accréditation professionnelle.
Selon le Bureau de la justice de Pékin, en date du 9 juillet, 53 avocats de la capitale "ne s'étaient pas enregistrés auprès de l'association des avocats de Pékin" et s'étaient vus en conséquence retirer les autorisations d'exercer.
Human Rights Watch a appelé les autorités à "cesser d'attaquer les avocats", soulignant que "l'espace pour la société civile se rétrécissait.
"L'attaque visant l'OCI marque un nouveau seuil dans la campagne du gouvernement contre les défenseurs des droits de l'Homme", a commenté Sophie Richardson, sa responsable Asie dans un communiqué.
"La fermeture du centre signale fermement que le gouvernement va continuer de resserrer le contrôle sur la société civile (...) à l'approche du 60e anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine", en octobre, a pour sa part estimé Sharon Hom, responsable de Human Rights in China.
"Cet incident est un autre exemple de l'hostilité du gouvernement aux activités des organisations indépendantes de la société civile", a-t-elle ajouté.
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http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-39887904@7-37,0.html