
Alors que des centaines d'Ouïghours armés défiaient à nouveau les forces de l'ordre mercredi à Urumqi, Hu Jintao a interrompu son voyage en Italie, préférant suivre depuis Pékin l'évolution des troubles au Xinjiang.
Hu Jintao n'assistera pas au sommet du G8. Devant une situation restant extrêmement tendue au Xinjiang, où des émeutes ont fait au moins 156 morts et un millier de blessés depuis dimanche, le président chinois a préféré interrompre son voyage en Italie. Après une rencontre avec le président italien Giorgio Napolitano et le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, et une visite de Venise, Florence et Pise, Jintao a donc repris un avion, direction Pékin.
A Urumqi, où les troubles ont éclaté dimanche soir, les autorités ont déployé des milliers de membres des forces de sécurité pour faire cesser les violences ethniques entre les Hans, des Chinois «de souche», et les Ouïghours, des musulmans turcophones arrivés dans le Xinjiang au 8e siècle avant d'être colonisés par les Chinois. En vain. Bien qu'encerclés par des soldats et policiers armés de fusils automatiques, environ 200 Ouïghours munis d'armes de fortune sont de nouveaux descendus dans la rue mercredi, dans une zone proche des quartiers de Hans.
Selon des manifestants ouïghours, «environ 300 Hans ont franchi le cordon de sécurité» dans la nuit de mardi à mercredi, «attaquant des maisons», «saccageant un restaurant» et «battant même un homme de 50 ans». Par un important dispositif militaire, les autorités tentaient de maintenir mercredi matin une séparation physique entre les deux communautés afin d'éviter un nouveau carnage.
Mardi, les Hans, armés de bâtons, de pelles et de machettes, avaient envahi par milliers les rues d'Urumqi, une ville d'environ deux millions d'habitants, clamant leur colère et leur soif de vengeance contre les Ouïghours, lanceurs des hostilités dimanche. Les forces de l'ordre, déjà en nombre, avaient réussi à éviter des confrontations.
Un creusement des inégalités entre Ouïghours et Hans
Formant jadis 90% de la population du Xinjiang, les Ouïghours ne représentent désormais plus que 45% des habitants de cette province. Dans une région riche en pétrole, en gaz ou en charbon, et où l'exploitation de ces ressources naturelles profite essentiellement aux Hans, les Ouïghours reprochent aujourd'hui à Pékin un décalage croissant entre leur niveau de vie et celui des Chinois de souche. Vieilles de plusieurs siècles, les tensions entre les populations ouïghour et han ne devraient, avec ces nouveaux affrontements meurtriers, que s'accroître un peu plus.
Source:
http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/08/01003-20090708ARTFIG00255-le-president-chinois-renonce-au-g8-a-cause-du-xinjiang-.php