Cette exposition qui lui est consacrée est un événement rare, même pour ses admirateurs qui connaissent ses peintures sur le bout des doigts.
Le pinceau de Li Keran reste vivant, même vingt ans après sa mort. Au vernissage de l'exposition, qui s'est tenue à l'Académie des beaux-arts de Beijing, la veuve de Li, Zou Peizhu, aux côtés de sa fille et de ses deux fils, a fait don de 108 peintures à l'encre et 30 aquarelles au gouvernement municipal de Beijing.
Il n'y a pas meilleur hommage rendu à un artiste que de rendre son oeuvre visible pour tout le public.
Li Xiaoke
Fils de Li Keran
"L'héritage de mon père ne repose pas essentiellement sur une valeur matérielle. Il a aussi laissé à la postérité une richesse spirituelle. Avec les autres artistes du 20e siècle, il a élevé la peinture traditionnelle à l'encre et au pinceau à de nouvelles hauteurs. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de faire don de ses oeuvres pour qu'elles soient visibles pour un grand public."
Cette exposition se distingue par une envergure et une profondeur inédites. A l'image de ses peintures où la couche d'encre semble voiler une autre réalité, Li Keran semble renfermer une autre dimension cachée.
Son avant-gardisme est la clé de son art. Tout au long de sa carrière, il a constamment cherché à se renouveler, évitant d'imiter les autres peintres. Ses combats, ses succès et ses échecs sont retracés à travers l'exposition.
Le maître croyait que la Nature était la plus éloquente des artistes. D'où l'omniprésence des paysages dans les peintures de Li. Son constant souci de renouvellement, son originalité ont été sa principale contribution. Il a fait de nombreux et lointains voyages, parcourant notamment les paysages verdoyants du Sud, brillant sous la brume chatoyante.
La peinture chinoise à l'encre n'est pas unidimensionnelle. Li a apporté une vision supplémentaire grâce à la rigueur de sa composition.
Le visiteur a un mois pour se délecter de la poésie des peintures de Li Keran.