
"Notre offre de produits fournit une solution ou une voie intermédiaire pour aider ceux qui souhaitent arrêter. Cela les aide à passer l'étape difficile du sevrage", affirme à l'AFP Han Li, l'inventeur de la cigarette électronique, à la tête du groupe Ruyan.
Ruyan - "comme la fumée" en chinois - a lancé dans les années 2000 ce nouveau produit, qui se présente sous la forme d'un tube blanc contenant une pile et ressemble au modèle original. L'entreprise propose même une version menthol, un cigare et une pipe, tous électroniques. Lorsque le "fumeur" aspire, une cartouche insérée dans le tube libère sans combustion la nicotine qu'elle contient, tandis qu'une petite lampe rouge s'allume au bout de la "cigarette", donnant l'illusion de la bouffée. Ruyan affirme avoir vendu plus d'un million de cigarettes électroniques dans le monde entier, vers les Etats-Unis, l'Europe et le Proche-Orient.
En Chine, les prix sont assez élevés: 15 euros en version jetable, 65 euros pour la rechargeable, et jusqu'à 1 800 euros pour un modèle de luxe. Un prix que Cao Yanming, une employée d'assurances, est prête à débourser pour amener son mari à ne plus fumer. "Il ne peut pas arrêter d'un coup. Donc j'espère que cela l'aidera à soulager sa gêne", dit-elle, interrogée dans un magasin de cigarettes électroniques à Pékin.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près d'un fumeur sur trois dans le monde est chinois. Une habitude surtout répandue chez les hommes âgés de 22 à 60 ans, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Quelque 57% des hommes chinois fument.
Offrir des paquets de cigarettes est encore un geste courant dans les mariages ou les relations d'affaires.
Mais pour l'OMS, la cigarette électronique, largement commercialisée sur l'internet, est loin d'être le remède idéal pour arrêter.
"Nous avons besoin de plus de recherches et de plus de preuves pour voir son efficacité, mais c'est bien que les gens réalisent qu'il y a un vrai besoin d'aider les 350 millions de fumeurs à arrêter", dit le Dr Hans Troedsson, représentant de l'OMS en Chine.
En septembre dernier, le directeur de la campagne antitabac de l'OMS, le Dr Douglas Bettcher, avait mis en garde contre les dangers de la cigarette électronique, affirmant qu'un certain nombre d'additifs présents pouvaient être toxiques.
En France, la Direction générale de la santé (DGS) et l'Agence du médicament ont relevé que "les cigarettes électroniques peuvent contenir des substances chimiques", telles que du propylène glycol, un solvant au pouvoir irritant.
Au Canada, en mars dernier, les autorités sanitaires ont recommandé de ne pas acheter ou utiliser de cigarettes électroniques, "car ces produits peuvent poser des risques pour la santé". "Bien que les cigarettes électroniques puissent être présentées comme des substituts tabagiques plus sécuritaires et, dans certains cas, comme une aide au sevrage, elles peuvent présenter des risques tels l'empoisonnement et l'accoutumance à la nicotine", a averti Santé Canada dans un communiqué.
Source:
http://www.rtbf.be/info/la-chine-royaume-des-fumeurs-et-pays-natal-de-la-cigarette-electronique-112683