La pollution du fleuve Yangtsé rend les esturgeons difformes
29 mai 2009 - Le Nouvel Observateur
Un composant biocide qui pollue le fleuve Yangtsé provoque de graves malformations chez des esturgeons menacés d’extinction.
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La pollution du fleuve Yangtsé rend les esturgeons difformes
29 mai 2009 - Le Nouvel Observateur
Un composant biocide qui pollue le fleuve Yangtsé provoque de graves malformations chez des esturgeons menacés d’extinction.
![]() ![]() Malformation chez une larve d'esturgeon chinois: en haut une larve normale, en bas une larve recourbée. L’esturgeon chinois Acipenser sinensis, une espèce qui a survécu sur Terre depuis 140 millions d’années, est aujourd’hui gravement menacé par un polluant persistant répandu dans les eaux et les sédiments du fleuve Yangsté, en Chine. Le triphénylétain (TPT), un biocide utilisé en agriculture mais aussi pour protéger les coques des bateaux et les filets de pêche des algues ou d’autres organismes marins, provoque des difformités chez ces rares esturgeons. Le polluant est même transmis aux œufs par la femelle, montrent des chercheurs chinois. Hu Jianying (Université de Pékin) et ses collègues ont capturé des larves d’esturgeons dans le grand fleuve chinois afin de recenser et de quantifier les malformations. Pour conforter la relation de cause à effet entre l’accumulation du triphénylétain et les difformités des larves, ils ont contaminé en laboratoire des œufs d’une espèce proche mais moins rare que l’esturgeon chinois, l’esturgeon sibérien. Dans un environnement non pollué, le taux de malformations est de 0,66% pour les esturgeons chinois. Chez les larves prélevées dans le Yangtsé, le taux est de 7,5%, dont 1,2% de malformations oculaires et 6,3% de difformités morphologiques. Les chercheurs montrent que la fréquence de ces anomalies est liée aux concentrations de TPT dans l’environnement. (1) Cette menace de très long terme, le TPT étant très long à se dégrader, s’ajoute pour l’esturgeon chinois à la surpêche, à la construction des barrages qui ont réduit ses sites de reproduction et à d’autres pollutions qui empoisonnent les fleuves chinois. Il ne resterait plus qu’un millier d’adultes Acipenser sinensis dans le Yangtsé. (1) Travaux publiés cette semaine dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. |