Lou Ye: Nuit d'ivresse printanière
14 mai 2009 - L'Express
Lou Ye, le chef de file du cinéma underground chinois, revient en compétition avec un sujet très sensible et une mise en scène brillante.
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Lou Ye: Nuit d'ivresse printanière
14 mai 2009 - L'Express
Lou Ye, le chef de file du cinéma underground chinois, revient en compétition avec un sujet très sensible et une mise en scène brillante.
![]() Les enjeux: Lou Ye aime toucher la Chine là où ça fait mal. Après avoir abordé Tien An Men ou les relations sino-japonaises, il s'attaque dans Nuit d'Ivresse Printanière à l'homosexualité, qui est toujours qualifié là-bas de maladie mentale. Salué par la critique internationale, il manque à cet auteur banni une véritable reconnaissance. Serait-ce un geste trop politique? En tout cas, on a déjà un candidat au prix d'interprétation masculine: Qin Hao.
Les plus: Lou Ye sait filmer les corps, les visages, les regards. Sa mise en scène tout en gros plans nous transporte dans l'intimité des personnages et de leurs tourments intérieurs. Il y a d'abord un homme marié, destabilisé par une histoire d'amour avec un homme. Un homosexuel qui assume sa vie mais ne peut pas prendre de décisions pour ses amoureux. Et un jeune homme destabilisé par ce qu'il voit, emporté dans un tourbillon d'expériences érotiques. Le style quasi-documentaire (en raison de la clandestinité du tournage), apporte une urgence supplémentaire à leur vie. C'est aussi un éclairage sur la Chine d'aujourd'hui à travers des plans furtifs comme celui sur les regards de passants qui ne viennent pas à la rescousse d'un homme blessé. Les moins: Le film est un peu long à démarrer et insiste beaucoup sur les scènes de sexe entre deux hommes, ce qui peut agacer certains spectateurs. La fin (à partir du moment où les deux amants se quittent) est moyennement réussie, mêmê si l'idée du tatouage est formidable. Sophie Benamon |