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A Nankin, un groupe de parents en colère cherche à récupérer les milliers d'euros que leur a indûment facturés l'un de ces opérateurs officieux, pour le diplôme d'un institut français qui proposait à leurs enfants une formation en réalité infiniment moins onéreuse : "En discutant avec le professeur de français, nos enfants se sont aperçus que le diplôme n'était pas payant en France. Sinon, on n'aurait jamais su", dit au téléphone, de Nankin, Mme Wang. A l'origine, l'Ecole multimedia, à Paris, avait cru trouver dans le Jiangsu Education Services for International Exchange (JESIE), émanation du Bureau d'éducation de la province qui a des accords avec maintes universités et grandes écoles françaises, un partenaire de choix. Le projet était de recruter une dizaine d'étudiants chinois issus des filières informatique et arts graphiques, pour suivre en France une formation de chef de projet multimédia.


INTERMÉDIAIRE

L'école enverra des professeurs de français à Nankin, pour une préformation qui coûte 900 euros, plus un montant, inconnu de l'Ecole, prélevé par l'opérateur qui met ses bureaux à dispositions. "Premier incident, je m'aperçois en juin 2008 que les publicités en chinois pour le programme promettent aux élèves un bac + 5, et à la clé, une carte de résident et un emploi en France", explique, de Paris, Rémy Galland, le directeur de l'Ecole multimedia. En novembre 2008, l'enseignant français envoyé à Nankin constate un certain malaise chez les étudiants. M. Galland découvre que les parents ont payé 10 000 euros pour le programme proposé par le JESIE, dont 3 500 euros pour le diplôme, et 500 euros pour le certificat d'inscription. "C'était aberrant : l'attribution des diplômes n'est pas automatique, ils ne se vendent pas, et les certificats d'inscription sont gratuits, raconte M. Galland. J'ai bloqué la remise des certificats et exigé que ces frais soient remboursés."

L'opérateur met en cause un intermédiaire, puis, voyant que les dossiers ne passeront pas, s'engage alors à récupérer l'argent auprès de lui à la réception de visas. Mais une fois les étudiants en France, M. Galland entend un autre son de cloche : "Ils m'ont dit qu'ils étaient très contents de l'échange, qu'il fallait le continuer, bref qu'un marché était conclu et que l'argent revenait à l'intermédiaire..." Les parents ont informé fin mars la police chinoise de l'escroquerie. Le JESIE leur avait fait signer un contrat dans lequel 3 500 euros lui étaient dûs, et 6 500 euros, dont l'argent du diplôme, versés à l'intermédiaire, un certain Zhou Chang. Les familles souhaitent récupérer une partie de l'argent versé de manière indue à cet intermédiaire : "Pour le reste, on est plutôt contents, on n'a pas conscience des prix réels. Et puis nos enfants sont payés en France 380 euros par mois !", dit Mme Wang.

Traiter directement avec les universités chinoises ne met pas à l'abri de ces dérives : c'est le cas de Toulouse-II et de Paris-XII Val-de-Marne, qui, jusqu'en 2007, croyaient sur certains de leurs programmes accueillir des étudiants de la prestigieuse université de Nankin. En fait, ils venaient d'une sorte de service privatisé de cet établissement, l'International College of Nanjing University, lié au département des langues étrangères, qui les recrute hors quota, à des tarifs très élevés. La pratique est répandue en Chine, où les universités, endettées, sont encouragées à gagner de l'argent. Les candidats, élèves médiocres issus de famille aisées ou étudiants recalés dans les universités de leur choix, ne manquent pas.

Dans le cas de Toulouse-II, les étudiants chinois partaient en France en année préparatoire de diplôme universitaire (DU), après avoir passé les tests et les entretiens organisés à Shanghai par Campus France, l'agence qui examine tous les dossiers de candidats au départ. Or, un agent français s'est vu proposer en 2007 par un professeur chinois de Nankin une enveloppe pour faire "passer" 50 dossiers. Alertées, les autorités compétentes ont découvert que les étudiants n'étaient pas réellement issus de l'université de Nankin, et que leur niveau linguistique et académique était très bas. Elles ont alors émis des avis défavorables.

Parmi les étudiants de cette filière qui avaient réussi à passer les années précédentes en DU, très peu ont ensuite été admis par Toulouse-II. Au moins un de ces recalés de 2007 a déclaré à une de nos sources dans le milieu éducatif avoir acheté, en France, une inscription dans une université parisienne pour 3 400 euros. "D'abord, les étudiants sont trompés en Chine sur la marchandise, ensuite on se retrouve en France avec des étudiants qui n'ont aucune chance dans ce genre de filière universitaire. En restant sur le carreau, ils vont vouloir coûte que coûte trouver une solution, ça peut amener à de la corruption...", constate cette source.
 
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