
Le monde a besoin de l'affirmation sereine et constructive du rôle de la Chine au sein de la communauté internationale, a déclaré mercredi à Beijing l'ancien président de la République française Jacques Chirac, actuellement en visite en Chine sur l'invitation de l'Institut de Politique étrangère du Peuple chinois.
Il a prononcé un discours devant l'Institut de Diplomatie après avoir reçu le diplôme de Docteur Honorsi Causa.
"La crise que nous traversons aujourd'hui constitue un moment unique, ..., et cette crise n'est pas uniquement économique et financière. Il s'agit d'une crise globale qui nous place brutalement face aux conséquences de nos actes," a indiqué M. Chirac.
Saluant les mesures utiles adoptées par la Chine, l'ancien président français a souligné que la Chine avait retrouvé sa place historique sur la scène internationale, une place au premier rang des nations, une place qui lui confère des responsabilités nouvelles à ce moment critique.
Le monde a besoin de la Chine. Il a besoin de sa sagesse, de son engagement, et de l'affirmation sereine et constructive de son rôle dans la communauté des nations. Car la Chine incarne depuis toujours une puissance d'équilibre, fondée sur un rapport au temps qui privilégie l'action et la pensée à long terme; un rapport au temps qui devrait nous inspirer et nous guider dans la reconstruction du système international, a poursuivi M. Chirac.
A propos des racines de cette crise, il a révélé qu'il avait, depuis longtemps, souligné et dénoncé les risques et les fragilités d'un système financier qui privilégie le court terme au détriment de l'investissement productif. Un système qui incite à la spéculation. Un système qui tolère et récompense les comportements irresponsables, voire criminels. Et aujourd'hui, le monde en paie le prix.
Pour résoudre cette crise, selon lui, il n'y a pas d'autres choix que celui de la solidarité et de la coopération internationale. "La crise, sous ses multiples formes, est mondiale, et la réponse ne peut être que mondiale."
La relance coordonnée des économies est un premier pas indispensable. Et il faut veiller à la stabilité des changes et des mouvements de capitaux, tout en empêchant la spéculation sur les matières premières, a-t-il précisé.
Il faut également rendre à l'activité financière sa vocation fondamentale qui est de contribuer à la croissance et au développement. Comme le G20 l'a esquissé, les institutions internationales doivent disposer des pouvoirs et des moyens nécessaires à l'exercice de leurs responsabilités, a ajouté l'ancien président français.
Source:
http://www.french.xinhuanet.com/french/2009-04/29/content_868340.htm