Antoine de Clermont-Tonnerre Binoche, Duris, Klapisch, Eric et Ramzy… Jamais le festival Panorama n'a attiré autant de stars que cette année, si bien que la cérémonie d'ouverture le 9 avril dernier assumait tout à fait ses airs de Cannes.
Tapis rouge, photographes, champagne et petits fours, ce côté paillette révèle une vraie tendance : l'évolution à pas comptés du cinéma français au sein d'un marché très limité.
Censure et protectionnisme obligent, chaque année, seule une cinquantaine de films étrangers sont diffusés sur les écrans en Chine.
Pour l'instant, forts de la puissante industrie hollywoodienne, les Etats-Unis s'arrogent quasiment la totalité des quotas de films achetés en partage de recettes, système le plus avantageux puisqu'il permet aux dépositaires du film de toucher un pourcentage sur les recettes réalisées en salle.
Le reste – une vingtaine – sont des films étrangers, américains encore pour une bonne part, achetés au forfait : le distributeur reçoit une somme fixe, peu importe ensuite le nombre d'entrées réalisées.
Deux à quatre films français par an
Avec de deux à quatre films diffusés par an, le cinéma français fait pâle figure à côté des majors américaines mais s'en sort plutôt bien au regard des autres pays européens, dont même les meilleurs atteignent difficilement la barre des deux films.
« Nous Français, sommes à la fois petits mais pas complètement inexistants », résume ainsi le directeur d'Unifrance, Antoine de Clermont-Tonnerre, présent à l'ouverture du festival.
Et la France fait de mieux en mieux. Cette année, « Transporter » a été distribué à 1100 copies en Chine, « Les deux mondes » et « Les femmes de l'ombre » à un millier chacun. Un succès d'estime quand on sait qu'ils circulaient à une centaine de copies avant.
Montrer ce qu'on sait faire
« Le but de ce festival, c'est de faire un peu de bruit, de montrer ce qu'on sait faire", reprend le spécialiste.
La France peut aussi compter sur sa côte d'amour. La Chine conserve une longue tradition de visionnage de films français, comme Louis de Funès. « C'est même agaçant parfois, car les mêmes noms ressortent à chaque fois. Il s'est passé pourtant des choses entre temps », poursuit Antoine de Clermont-Tonnerre.
C'est pourquoi les organisateurs du festival veillent à offrir un panel varié, dans les limites de la ligne de Pékin bien sûr, à savoir pas de sexe, pas de violence, pas de politique. Cette année par exemple, la palme d'Or « Entre les murs » a été refusée par les autorités de censure pour des raisons qui n'ont pas été précisées.
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