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Gao Jianli est prêtre dans une paroisse de la province du Shaanxi (nord-est). Il est l'exemple même de cette "Eglise souterraine", toujours fidèle à Rome, mais qui est parfois tolérée par le pouvoir communiste. Une situation qui n'est pas toujours facile à vivre, selon lui.

"En Chine, nous avons la liberté de croyance mais pas celle de la vie religieuse", dit-il à l'AFP.

"Pour de nombreuses fêtes religieuses, lorsque nous voulons avoir des activités publiques, nous devons encore demander l'autorisation et les autorités ne nous la donnent pas toujours", raconte-t-il.

Pour certains, comme Joseph Kung de la Fondation Cardinal Kung, un groupe basé aux Etats-Unis, "la situation empire" pour ceux qui refusent toujours d'exercer leur foi au sein de l'"Eglise officielle", l'Association catholique patriotique de Chine, fondée en 1957 pour contrôler les activités des catholiques chinois.

Au début du mois, le Vatican a déploré la "nouvelle arrestation" de Mgr Giulio Jia Zhiguo, évêque non officiel de Zhengding, dans le Hebei, près de Pékin. C'est la 13e fois qu'il a des ennuis avec la police depuis 2004, selon le Vatican.

De son côté, M. Kung affirme que la police a emmené le 24 mars un prêtre du Hebei, Ma Shengbao, dont on est sans nouvelles depuis. Contactée par l'AFP, la police locale a refusé de s'exprimer.

Liu Bainian, vice-président de l'Association patriotique de Chine, dément toute persécution.

"La religion est libre" dit-il, affirmant ne pas savoir si Jia est détenu ou non et n'avoir jamais entendu parler de Ma.

"Mais peu importe qui enfreint la loi, ils doivent tous être punis selon la loi, c'est la même chose dans tous les pays", ajoute-t-il.

Pour lui, les catholiques chinois célèbrent pleinement Pâques, moment où le monde chrétien se rappelle la résurrection du Christ.

"Tous les catholiques célèbrent Pâques", lance-t-il.

Selon l'Association patriotique, le nombre de ses fidèles s'élève à 5,6 millions. Le nombre de catholiques de l'"Eglise souterraine" serait entre 8 et 12 millions.

Si la Chine et le Saint-Siège n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1951, leur rétablissement est un enjeu pour Pékin, qui souhaite améliorer son image à l'étranger. Mais le Vatican, qui cherche aussi à élever la qualité de ses rapports avec les autorités chinoises, y met comme condition la possibilité de réunir sous l'autorité du pape tous les catholiques actuellement divisés entre "officiels" et "clandestins".

Pour certains experts, le dialogue entre Pékin et le Vatican est actuellement au point mort.

Anthony Lam, chercheur au Holy Spirit Study Centre (HSSC), un centre d'études qui dépend du diocèse de Hong Kong, note que, depuis l'année dernière, les nominations d'évêques par le gouvernement chinois sont bloquées.

"Manifestement, le gouvernement pense que le meilleur moyen aujourd'hui est de conserver le statu quo, ce qui est plutôt dommageable car la Chine nomme d'ordinaire trois à quatre évêques par an", explique-t-il.

Pékin a défié à de multiples reprises le Vatican en nommant les évêques de l'Eglise officielle, alors que la nomination de ces hauts responsables est la prérogative du pape. Mais, en 2007, des signes de réchauffement étaient apparus, des nominations étant décidées apparemment avec le soutien du Vatican.
 
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