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"Au XXème siècle, si tu n'es pas préoccupé des problèmes du monde, quel artiste es-tu ? " Voilà la question maitresse au cœur de l'œuvre de Joris Ivens, que l'artiste se posait encore à la fin de sa vie. Ce n'est pas moins de dix courts métrages et d'une trentaine de documentaires que le cinéaste, né en Hollande en 1898, a réalisé avec en toile de fond ce principe que l'art n'est que s'il est militant. Joris Ivens sera de fait le témoin de l'espoir révolutionnaire.

Premier cinéaste étranger à travailler en Union Soviétique, il réalise en 1932 un documentaire sur le premier Plan quinquennal : Komsomol. En 1933, ce sont les conséquences d'une grève dans une région minière en Belgique, Borinage, qu'il signera comme l'une de ses œuvres majeures. Il tourne Terre d'Espagne en 1937 avec John Ferro et Ernest Hemingway pendant la guerre civile qui ravage le pays ou encore Indonesia Calling, consacré à la grève des dockers et des marins australiens militant contre la colonisation de l'Indonésie.

Mais ce sont ses voyages en Chine qui semblent lui avoir laissé le plus grand nombre d'heures de rushes dont une dizaine d'heures de film monté et tourné pendant la "Révolution culturelle". Le titre Comment Yukong déplaça les montagnes est une référence explicite à l'une des fables chinoises les plus connues, qui promeut la vertu de l'action commune. Une parabole dont Mao Zedong s'est largement servi à cette époque et que Joris Ivens reprend comme le prisme de son regard sur la Chine.

Pourtant le parti pris de l'apologie du maoïsme ne suinte pas la propagande bavarde.

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