
La Chine communiste et Taïwan organisent pour la première fois conjointement un Forum du bouddhisme qui s'est ouvert ce samedi à Wuxi dans la province de Jiangsu. (Reuters/Nir Elias)
Ce second Forum mondial du bouddhisme a choisi pour thème un "monde harmonieux", en écho à la "société harmonieuse" prônée par le président chinois Hu Jintao.
D'immenses salles de prière ont été reconstituées, sur des modèles tibétain et d'Asie du Sud, dans un vaste parc entourant une pagode vieille de mille ans.
"Bien que les opinions des hommes politiques et des moines diffèrent, les deux sont préoccupés par la crise financière qui a submergé le monde", souligne un éditorial de Ye Xiaowen, directeur du Bureau des Affaires religieuses, publié dans l'édition du Quotidien du Peuple destinée à l'étranger.
Les branches "chinoise, tibétaine et du sud" du bouddhisme sont représentées au Forum, précise Radio Chine Internationale sur son site internet.
Les régions tibétaines restent placées sous haute surveillance, un an après de grandes manifestations contre le régime chinois. Il y a cinquante ans cette année, en mars, que le dalaï lama a fui en Inde et Pékin a proclamé ce samedi jour férié pour commémorer "la fin de la servitude au Tibet".
Le panchen lama, choisi par Pékin, fera une rare apparition en public à l'occasion du Forum dont seront absentes les deux plus hautes personnalités du bouddhisme tibétain, le dalaï lama et le karmapa lama, qui vivent en exil.
NOTE CONCILIANTE
Mais Hsing Yun, l'un des moines les plus influents de Taïwan, avocat d'une amélioration des relations entre le dalaï lama et la Chine, apportera une note conciliante au Forum.
"Tous les Tibétains en exil devraient soutenir la Chine, le Parti communiste devrait les accueillir", a déclaré vendredi Hsing Yun à des journalistes en soulignant les "mérites positifs" du dalaï lama, diabolisé par Pékin qui l'accuse de séparatisme.
La coopération dans l'organisation du Forum pourrait contribuer à améliorer les relations entre la Chine continentale et Taïwan, qui se sont réchauffées depuis le retour à la présidence, l'an dernier, du parti nationaliste Kuomintang.
Plus de 1.000 délégués sont arrivés directement de Taïwan, lundi, un déplacement qui aurait été impensable il y a seulement quelques années.
"J'espère une augmentation des échanges (...). Plus il y a d'échanges, moins on peut distinguer les uns des autres, et cela conduira à l'unité", a prédit Hsing Yun.
La Chine revendique la souveraineté sur Taïwan depuis la fin de la guerre civile chinoise, en 1949, et elle se dit déterminée à ramener l'île dans le giron de Pékin, par la force au besoin.
Le Parti communiste a éradiqué le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme pendant les trois premières décennies qui ont suivi son arrivée au pouvoir, mais il reconnaît maintenant que les religions peuvent contribuer à maintenir la stabilité.
Les textes des interventions soumis au Forum par les quelque 2.000 délégués portent notamment sur la dégradation de l'environnement, le fossé croissant entre riches et pauvres, le chômage et les violences.
Source:
http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-chine-et-taiwan-accueillent-un-forum-mondial-du-bouddhisme_749975.html