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  • Les tout premiers commentaires américains sur la Chine jeudi ont été consacrés à sa monnaie et sa sous-évaluation présumée, accusée de soutenir artificiellement les exportations chinoises: "Le président Obama (...) pense que la Chine manipule sa devise", a déclaré le nouveau secrétaire au Trésor Timothy Geithner.

    Une accusation repoussée par Pékin qui s'est demandé si ces déclarations "sans fondement" étaient bien opportunes en pleine crise financière internationale, appelant plus à la "coopération" qu'à l'"affrontement". Et a redirigé les critiques vers les tentations "protectionnistes américaines".

    Les propos de Timothy Geithner ont marqué "le premier commentaire de l'administration Obama sur les liens économiques sino-américains", a relevé un spécialiste de la finance de l'Académie des Sciences sociales de Chine.

    "C'est, sans doute aucun, le signe de nouvelles frictions sur le commerce et la question des changes entre les deux nations", a prédit Cao Honghui, cité dans la nuit de vendredi à samedi par l'agence Chine Nouvelle.

    Pourtant, pour de nombreux analystes, les pressions de l'administration Obama ne devraient pas davantage que celles de l'administration Bush, enclencher un changement de stratégie de la Chine.

    Depuis une réévaluation surprise et exceptionnelle de leur monnaie en juillet 2005 (de 2,1% face au dollar), les autorités chinoises répètent immuablement qu'elles laisseront désormais le yuan s'apprécier au rythme approprié, graduellement, pour ne pas risquer d'à-coups dommageables pour son économie et notamment ses exportations.

    De fait, depuis l'été 2005, la "monnaie du peuple" (RMB, autre nom du yuan) s'est appréciée de quelque 20%, accélérant son mouvement dans les premiers mois de 2008 avant de stagner, pour prendre plus de 12,5% sur l'année.

    "Même quand la crise mondiale, provoquée par la crise des subprime américains, a apporté de sérieux défis au développement de l'économie et du commerce extérieur de la Chine, nous avons dit à de nombreuses reprises que la Chine maintiendrait la stabilité du taux de change", a souligné vendredi soir le ministère chinois du Commerce .

    "Nous ne compterons pas sur une dépréciation (du yuan) pour soutenir nos exportations", a-t-il ajouté.

    En revanche, selon Stephen Green, de Standard Chartered, "les autorités ont apparemment réinstauré un lien fixe avec le dollar" alors que depuis la réforme de 2005 le yuan était censément adossé à tout un panier de devises.

    Pour favoriser des exportations qui ont exceptionnellement reculé au cours des deux derniers mois de 2008, "les marchés internationaux tablent sur une dépréciation du yuan de 3% contre le dollar" dans l'année, note-t-il.

    "Nous n'y croyons pas, nous pensons que le lien RMB-USD va se maintenir basiquement en 2009, parce que les risques d'une dévaluation sont trop graves", ajoute l'économiste dans une note publiée cette semaine.

    Les experts estiment en effet qu'une dévaluation de la monnaie du géant asiatique pourrait avoir un effet boule de neige dans la région, entraîner trop de tensions avec ses partenaires commerciaux et attirer les capitaux spéculatifs dans le pays.

    Mais même sans dévaluer, pour des économistes chinois, une pause s'impose dans le mouvement à la hausse du yuan: "si la Chine adhère à la ligne américaine (d'appréciation du yuan), ses exportations vont encore prendre des coups et son économie va s'aggraver. Ce qui serait préjudiciable, en retour, aux Etats-Unis et à l'économie mondiale", affirmait samedi le China Daily, citant un économiste de l'université de Fudan, Sun Lijian.
     
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