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Un porte cigarette dans la main gauche et son gilet "Hollington" venu tout droit des rues qui encerclent la Sorbonne, Marc Kalinowski a les habits réglementaires du chercheur peut-être plus philosophe que sinologue. Une posture née d'une vie peu ordinaire. Elle commence sur les planches de théâtre. Le jeune garçon, qui a déjà le goût des langues, part en Inde étudier le théâtre de Kathakali, l'hindi et le tibétain. C'est dans les couloirs de l'Inalco que le futur chercheur, d'origine polonaise, s'intéresse à la langue chinoise.

Chercheur à l'École Française d'Extrême Orient, qu'il intègre en 79, il ne cessera de naviguer entre le Japon, Hong Kong et aujourd'hui Pékin. "À l'époque, la sinologie était très développée au Japon. Les bibliothèques étaient riches et les méthodologies utilisées étaient proches de celles déployées par la sinologie française. Contrairement à la Chine continentale où les années noires et la révolution culturelle n'ont pas favorisé l'essor de la sinologie", explique Marc Kalinowski.

Pendant les années post-révolution culturelle une série de découvertes essentielles va faire renaître la recherche en Chine : les manuscrits pré-impériaux écrits sur soies ou bambous. Des tombes de l'époque des Royaumes Combattants et des Han de l'est, datant du 5ème siècle avant JC au 1er siècle de notre ère, sont découvertes et fouillées. Dans ces tombes, on trouve des manuscrits anciens écrits sur bambou, qui constitueront une bibliothèque "funéraire" aujourd'hui incontournable pour qui souhaite étudier la Chine ancienne.

"Ces découvertes viennent combler un vide de plus de 1000 ans car les manuscrits les plus anciens dont nous disposions, à quelques rares exceptions, dataient du 12ème siècle ou de la fin de la dynastie des Tang aux 8, 9 et 10ème siècles, avec les manuscrits de Dunhuang" explique-t-il.

Parmi ces découvertes, les manuscrits de Mawangdui. Une quarantaine d'ouvrages, notamment sur soie, comprenant un "Yijing" ou Livre des Mutations, un Lao-tseu et divers traités de philosophie, d'astrologie, de divination ou encore de sciences datant de 168 avant notre ère.

"Ces découvertes sont importantes sous plusieurs aspects. Le premier concerne le travail de transcription de l'écriture qui est très différente du chinois classique. La richesse des écrits a permis au paléontographe de former des théories sur ces anciennes écritures, mais aussi de comprendre comment s'est formée l'édification de l'écriture faite par les Han.

Autre intérêt : la forme du livre, son aspect, que nous pouvons aujourd'hui voir, toucher, peser, etc..

Les traités de lois trouvés nous renseignent également abondamment sur le cadre juridique et administratif de ces époques.

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