dictionnaire fr-cn site
Le Club
(Presque
20 000
inscrits!!!)
Articles précédents sur le même thème
  • Pourquoi la Chine s'intéresse à l'Amérique latine (18 novembre 2008 - L'Express)
  • Idées reçues sur la Chine (16 novembre 2008 - Le Journal du Dimanche)
  • La Chine entre assurance et sourde inquiétude. (16 octobre 2008 - Le Figaro)
  • Concurrence, sélectivité, concours: l'enseignement supérieur chinois est impitoyable (23 septembre 2008 - boivigny.com)
  • Pénurie de talents en Chine (17 septembre 2008 - lorient-lejour.com)
  • A Shanghaï, censure et business (15 septembre 2008 - Le Monde)
  • «La Chine s'est éveillée... » (5 septembre 2008 - nonfiction.fr)
  • Longue chevelure de jais, vêtue de la chuba - robe traditionnelle doublée d'un tablier aux stries noires, grises et marron -, Dekyi Mephok est assise dans son bureau de la radio Voice of Tibet, à deux pas du siège du gouvernement tibétain en exil que l'Inde abrite à Dharamsala sur les contreforts de l'Himalaya.

    La journaliste avait commencé à évoquer le conclave des 550 délégués tibétains qui débat du 17 au 22 novembre de l'avenir du dialogue avec Pékin. Mais le passé a immanquablement refait surface. Comment oublier ? Dekyi Mephok a franchi à l'âge de 16 ans les cols glacés qui séparent la Chine du Népal. C'était en 1994. L'adolescente, qui suivait une formation de guide touristique à Lhassa, capitale du Tibet sous tutelle chinoise, s'était résignée à cet exil sous l'insistance de son père. "Il voulait absolument que j'aille à Dharamsala apprendre la vraie culture tibétaine, raconte-t-elle. Il n'aimait pas que je récite par coeur la propagande chinoise aux touristes."

    Interceptée une première fois par l'armée chinoise, elle réussit sa seconde tentative, se fait détrousser de son maigre pécule par les gardes-frontières népalais, parvient finalement à Dharamsala, où le dalaï-lama la reçoit avec une centaine d'autres réfugiés. "J'avais grandi avec l'idée qu'il était un dieu. En le voyant, je pensais être au paradis."

    Commence alors une nouvelle vie - elle peut enfin apprendre l'écriture tibétaine, qu'elle ignorait -, mais le remords la rattrape. Un an après son départ, son père a été arrêté. La police avait découvert à son domicile de la littérature "séparatiste". Condamné à deux ans de prison, il est torturé. Après sa libération, aucun hôpital n'accepte de le soigner. Il périra des séquelles des coups. Si les yeux de Dekyi s'embuent subitement, c'est qu'elle confesse le secret de son histoire, la vraie raison de son exil, qui ne cesse depuis de la tourmenter : "Mon père savait qu'il serait arrêté un jour. Il m'a envoyé à Dharamsala pour me protéger."


    LES INTERSTICES DE LA CENSURE


    Elle travaille aujourd'hui à Voice of Tibet pour faire justice à ce père martyr. Financée par une ONG norvégienne, la radio émet trois quarts d'heure par jour sur le Tibet. Dekyi est responsable des programmes en mandarin, très prisés par les Tibétains des régions de l'Amdo ou du Kham, qui comprennent mal le dialecte de Lhassa. "Nous voulons aussi toucher un public chinois, pour ne pas rester confinés entre Tibétains", souligne-t-elle. L'exercice est difficile. Il faut changer souvent de fréquences, car le brouillage par les autorités chinoises est systématique. "Mais dans les campements de nomades sur les plateaux à l'écart des villes, on est plutôt bien captés", précise-t-elle.

    Internet est un autre de ses moyens d'action. Là aussi, il faut se glisser dans les interstices de la censure. Son dernier blog a été rendu inaccessible en Chine au bout de quatre jours, mais c'était suffisant pour diffuser des informations sur le conclave de Dharamsala. "J'ai eu 6 000 consultations", se félicite-t-elle. Elle a déjà rouvert un nouveau blog qui distillera les échos du Tibet en exil par-delà les hauteurs de l'Himalaya. Les adeptes de "Lotus des neiges", le surnom de Dekyi, y reconnaîtront une voix familière.
     
    Plan du Site
    Le site Chine-Nouvelle.com est développé par Jazar (UK) Ltd.
    Tout droits réservés © 2005 - 2008


    page served in 0.018s