
Pourtant, les circuits qui ont déplacé les canons de beauté des rendez-vous de la Formule 1 – et qui ont précipité la fragilisation des complexes Européens – ne font pas recette. Shanghai est un tigre de papier qui pourrait finir dans la déchiqueteuse en 2011 !
Les tribunes de Bahreïn sont vides les jours d’essais et se garnissent par la truchement d’opérations promotionnelles et marketing le jour de la course ; celles de Shanghai sont réservées à une élite (le prix des places est supérieur au salaire mensuel moyen) et certains pays émergeants de la planète F1 peinent à masquer la désertification de leurs gradins démesurés – les plans des réalisateurs sont savamment orchestrés… Une sorte de grand bond en arrière pour prendre à rebours la politique du Grand Bond en Avant que le grand timonier, Mao Zedong, avait érigée en philosophie au milieu du siècle dernier.
Leurs projets étaient gigantesques mais leurs budgets ne sont pas des puits sans fond et la crise économique pourrait les frapper de plein fouet. La Chine n’est pas encore entrée en récession mais échafaude un plan de relance. Les projets à perte sont logiquement dans sa ligne de mire. Parmi eux, le Grand-Prix de Chine. Les mandarins du SIC (Shanghai International Circuit) avouent envisager de le sabrer dès la fin du premier mandat qui lie la Chine à la FOM (Formula One Management) de Bernie Ecclestone. « Nous allons procéder à une évaluation. D'ici l'an prochain, nous devrions être en mesure de vous donner une réponse » a expliqué Qiu Weichang, membre du bureau directeur du SIC, à l’agence France presse, en évoquant l’avenir du Grand-Prix de Chine.
Le SIC, qui a coûté la bagatelle de $250 millions, ne fait plus recette. L’attrait de la nouveauté a subi la patine du temps et l’inflation galopante des coûts d’inscription au calendrier de la Formule 1 – non, la réduction des coûts prônée par la FIA ne s’applique pas à tous ! – grève un budget qui ne peut plus compter sur les 150.000 personnes qui avaient franchi les grilles du circuit lors de la 1ère édition du Grand-Prix, en 2004. A l’instar des pays occidentaux dont les circuits ont maintes fois été montrés du doigt par Bernie Ecclestone pour leur vétusté relative (les standards des nouveaux riches ont connu une augmentation exponentielle sous l’impulsion de Bahreïn, la Chine et demain Abou Dhabi), la Chine n’échappe pas aux principes fondamentaux de l’économie : l’équilibre. « Nous voulons que tout le monde soit gagnant : nous, Bernie Ecclestone et les organisateurs de la Formule 1 avec lesquels Shanghai est sous contrat » poursuit Qiu Weichang, « Si c'est un objectif que nous pouvons atteindre, nous y réfléchirons… Nous souhaiterions au moins être à l’équilibre. Mais il y a deux facteurs à prendre en compte : l'un est l'évaluation, l'autre est de savoir si nous pouvons créer les conditions d'une situation bénéfique pour toutes les parties. »
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