Zeng Jinyan à l'extérieur de son immeuble dans l'Est de Pékin le 10 octobre "Je n'abandonnerai pas", a déclaré à l'AFP Zeng, rencontrée à l'extérieur de son immeuble situé dans une résidence de l'est de Pékin, "Bobo Cité liberté", quelques heures avant l'attribution du Nobel de la paix à Oslo.
"Mais quelquefois j'ai des doutes. Je ne peux pas prendre de décision car je ne suis pas totalement sûre des risques que je dois affronter, qui sait ce qui se passera?", dit-elle.
Zeng vit sous surveillance dans son appartement avec son bébé et a très peu l'occasion, depuis la condamnation de Hu Jia, d'être en contact avec les journalistes étrangers.
Le nom de la jeune femme, qui a fêté ses 25 ans jeudi et vit avec sa fille de 11 mois, a également été avancé par certains experts pour le prix Nobel de la paix. Elle a l'habitude de communiquer avec le monde via son blog, baptisé "Le jardin de la clarté".
Elle y évoque notamment le sort de son mari, condamné en avril à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion pour ses propos publiés sur internet et ses entretiens accordés à la presse étrangère.
Vendredi, la jeune femme est apparue très nerveuse durant les dix minutes d'entretien, se sachant toujours extrêmement surveillée.
"Beaucoup de gens ont peur, mais je dois essayer de me débarrasser de la peur. Mais il faut quand même faire attention, car sinon le résultat est encore plus terrifiant", a-t-elle dit.
"Surtout maintenant que nous avons un enfant, nous devons y penser, nous devons nous préoccuper de la prochaine génération, car je ne veux pas que mon bébé ait la même vie que moi", ajoute-t-elle.
Pendant les Jeux Olympiques de Pékin en août, Zeng et sa fille ont été emmenées hors de la capitale durant 16 jours, à Dalian, dans le nord-est de la Chine.
En permanence sur ses gardes vendredi lors de l'entretien, Zeng a fait part de ses inquiétudes au sujet de l'évocation de son mari comme possible prix Nobel, une éventualité que Pékin a dénoncée par avance.
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a qualifié Hu de "criminel ayant été condamné".
Les autorités ont déjà prévenu Zeng Jinyan de ne pas faire d'écart sous peine de voir Hu Jia en subir les conséquences.
Lire la suite sur Aujourd'hui la Chine »