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"Nos conditions de vie se sont beaucoup améliorées quand on a acheté les vaches", explique cet éleveur de 66 ans, faisant écho à l'histoire que beaucoup racontent parmi les 200 villageois de Tuoweiziran qui se sont tournés vers la production de lait.

Sa maison de trois pièces, qu'il partage avec sa fille et son gendre, est neuve et les deux tracteurs garés dans la cour boueuse où somnolent les vaches lui appartiennent.

Son petit-fils de huit ans habite et va à l'école dans la capitale de la Mongolie intérieure, Hohhot, à deux heures de route.

Tout ceci aurait été impensable il y a six ans avant l'acquisition des vaches dont il vend le lait à la grande compagnie Yili, pour environ 3.000 yuan (300 euros) par mois.

Avec le revenu tiré des récoltes de pommes de terre --environ 1.600 yuan (160 euros) par mois-- He gagne davantage que le fermier chinois moyen.

Mais la révélation le mois dernier que de la mélamine, une substance toxique, avait été versée dans du lait, a brutalement obscurci l'avenir.

"Pendant cinq ou six jours, le centre de collecte a refusé notre lait", explique la fille de He, He Liping, 36 ans.

Le lait frelaté a tué quatre nourrissons en Chine, rendu malade plus de 50.000 autres et a entraîné des interdictions en chaîne à l'étranger de ventes de produits laitiers chinois.

Mais He, en se mettant à table devant un ragoût de pommes de terre après sa matinée de travail dans les champs, explique que la vie commence à redevenir normale.

A part ces quelques jours de refus du lait, Yili --dont les produits ont aussi été contaminés-- a continué à acheter son lait, mais avec des contrôles accrus.

Avant cela, l'hygiène s'était améliorée ces dernières années, explique He.

"Quand on a démarré, on trayait les vaches à mains nues et ce n'était pas très hygiénique", explique le fermier. Ensuite il a acheté ses trayeuses et il a pu traire ses vaches lui-même, avant de livrer le lait frais aux centres de collecte.

Mais avant que le scandale n'arrive, les fermiers ont dû amener leurs vaches se faire traire dans les centres de collecte, afin de s'assurer de la qualité du lait.

He dit que les fraudeurs ont ajouté la mélamine --qui donne l'illusion d'un apport en protéine dans du lait coupé-- par appât du gain, mais que les petits éleveurs ne sont pas coupables.

"Je crois que la question de la mélamine a peut-être à voir avec les gérants des centres de collecte", lance-t-il.

En dépit des améliorations dans sa vie ces dernières années, la vie de He et de sa famille est restée difficile.

"Tous les matins on se lève à 05H00", dit la fille de He.

"On amène les vaches au centre de collecte à six heures, et il faut une heure pour aller là-bas à pied".

Après la traite, He Liping et son mari vont dans les champs s'occuper des pommes de terre.

Et à six heures le soir, c'est l'heure de retourner au centre de collecte pour la 2e traite des vaches de la journée.

"On n'a pas de temps à nous", dit He Liping, "pas de week-ends".

Et malgré l'amélioration notable de ses conditions de vie, la famille n'a ni toilettes, ni salle de bain dans la maison.

Les toilettes sont dans la cour, près d'un chemin où se trouve un énorme tas de fumier. Et la douche se trouve dans un bâtiment communal.
 
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