"Je ne sais plus vers qui me tourner, tout le monde a l'air de s'en foutre". Sébastien Neuens est à bout. Père d'une petite fille de 1 an, il est sans nouvelles d'elle depuis que son épouse d'origine chinoise a quitté sans prévenir le domicile conjugal de Créteil en mai dernier.
Malgré l'interdiction de sortie du territoire émis à son encontre, sa femme, naturalisée française après leur mariage en 2003, a pu regagner deux mois après Tianjin, sa ville d'origine, avec leur fille.
Depuis, Sébastien a tout tenté pour récupérer Aubane. Sans succès. Le 9 septembre dernier, il a appris que sa plainte pour souscription de mineurs à l'étranger déposée auprès du procureur de la ville de Créteil était classée sans suite. Résultat, il vient d'entamer une nouvelle médiation auprès du ministère de la Justice, sans toutefois se faire d'illusion.
"C'est tout ce qu'on me propose. Ca fait la 5ème, les 4 médiations que j'ai déjà faites n'ont servi à rien. Ma femme ne veut rien entendre. Le seul choix qu'elle me laisse, c'est de venir en Chine pour voir ma fille mais moi je ne veux pas, ce n'est pas normal. Ma fille est française, ma femme est française et on vivait en France." Trop préoccupé, il a même cessé de travailler.
244 dossiers « déplacement illicite »
"Si personne ne peut plus rien faire, ça veut dire que n'importe quel parent peut avoir un enfant français et ensuite l'emmener en Chine ou ailleurs?"
A l'évidence, Sébastien n'est pas le seul dans ce cas. En 2007, le Bureau de l'entraide civile et commerciale internationale, placé sous l'autorité du ministère de la Justice, a été saisi de 244 dossiers « déplacement illicite », dont 86 dossiers pour lesquels la France a été requise par un autre Etat et 158 où la France a requis un autre Etat pour une action en retour ou pour protéger un droit de visite.
De leur côté, les juridictions françaises ont ordonné 20 retours (en matière civile) et prononcé 142 condamnations (en matière pénale) pour soustraction d'enfants en 2007.
Et encore, ces chiffres ne révèlent pas toute l'ampleur du problème car "tous les enlèvements ne sont pas déclarés auprès des autorités", explique Jean-Philippe Guédon de l'association SOS enfants disparus.
Lire la suite sur Aujourd'hui la Chine »