A l'heure où le voile se lève petit à petit sur le scandale du lait, Jean-François Julliard, nouveau président de l'organisation française de lutte pour la défense de la liberté de la presse, a tenu à rappeler à l'OMS ses obligations à ce sujet dans une lettre adressée à sa directrice Margaret Chan.
Pointant le cas de plusieurs journalistes au courant du scandale du lait frelaté bien avant sa révélation en septembre et condamnés au silence, le président de RSF a reproché à l'OMS d'avoir été trop conciliante vis-à-vis des autorités.
"Un officiel de votre organisation a certes insisté auprès des médias sur l'importance d'une "culture de l'ouverture et de rapports rapides" dans ce type de crise. De votre côté, vous avez affirmé que les femmes asiatiques devraient privilégier l'allaitement maternel au lieu d'utiliser des laits en poudre, mais cette réaction ne semble pas à la hauteur de ce tragique événement.
Comment accepter que l'OMS n'ait été informée que le 11 septembre 2008 de la toxicité des produits, alors que des informations circulaient depuis décembre 2007 ?", s'étonne le président de RSF.
Il faut dire que Mme Chan n'en est pas à son premier reproche.
Directrice des services de Santé de Hong Kong au moment où l'épidémie de Sras avait pris naissance aux portes de la ville en 2002, la Chinoise s'était déjà vu reprocher son manque de fermeté vis-à-vis de Pékin. Etouffée pendant six mois par les autorités de la capitale, l'épidémie avait fait 800 morts dans le monde, dont 349 en Chine en 2003.
Mais sa nomination à la tête de l'OMS en janvier 2006 lui avait permis d'échapper à une sanction, à la différence de certains de ses anciens collègues.
Dans sa lettre, le directeur de RSF accuse l'OMS de ne pas avoir "tiré les enseignements de la crise du Sras".
Lire la suite sur Aujourd'hui la Chine »