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Alors que les Jeux Olympiques battent leur plein à Pékin, l’Alliance Française de Buenos Aires inaugurait lundi l’exposition : "A marche forcée - chine, les oubliés de la croissance» du photo-documentariste français Samuel Bollendorff. L’exposition, qui comprend trois volets, est un témoignage poignant sur les conditions de vie de la population, loin des fastes de la cérémonie d’ouverture des JO.
L’un des volets les plus marquants est assurément celui sur les usines de jouets, diffusé, depuis, par de nombreux titres de presse à travers le monde.
Sur l’une des photos, quatre hommes, quatre amis, se maintiennent par l’épaule ou le bras en regardant gravement l’objectif. La légende de la photo explique leur histoire : « Ils ont été renvoyés et arrêtés. Ils étaient ouvriers d’une usine sous-traitante de Wal-Mart, Disney et Mattel. Ils demandaient les changements des horaires intenables et dénonçaient la signature de double-contrats : l’un en interne avec de bas salaires, l’autre aux normes pour montrer aux inspecteurs. Ils ont été placés en détention au commissariat. En Chine, les syndicats libres ne sont pas autorisés ».

Donner la parole aux gens
« Mon but est de faire des images qui arrêtent le regard, explique Samuel Bollendorff qui donnait, le jour même du vernissage, une conférence à l’Alliance Française, c’est ainsi que les gens vont lire ensuite le texte. Aujourd’hui tout le monde est photographe et pour donner du sens à son travail, le photographe doit raconter des histoires ».
Après le volet des jouets où le spectateur prend conscience qu’une ouvrière chinoise ne gagne pas plus que l’équivalent de la vente d’un minuscule pied de poupée par jour ou que le droit de cuissage est encore de mise dans les usines où l’on fabrique des jeux pour enfants, il découvrira deux autres volets : sur les migrations liées à la construction des barrages et la vie misérable d’une cité minière chinoise.
«Pour me décider sur un projet, je réfléchis sur ce que les gens ont décidé de ne plus voir. Petit à petit, avec mes photos, je crée une ouverture, les gens lisent les textes et prennent de nouveau conscience ».
Samuel Bollendorff est persuadé que les photographies de reportage ne fonctionnent plus, où sont trop facilement détournées de leur sens. Il est devenu de ce fait « auteur – photographe » utilisant « des photos pour écrire des phrases ». Samuel Bollendorff a fondé et fait partie de l’agence de photos Œil Public. « J’ai beaucoup regardé Buenos Aires lors de mon séjour, cela me plaît beaucoup, a-t-il fait savoir, mais je n’y ai pas trouvé de projets… j’y suis resté trop peu de temps».
 
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