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Les mots « tournons la page » ont été prononcés de part et d’autre mais, au même moment à Paris, Kong Quan, l’ambassadeur de Chine en France, prédisait des « conséquences graves » au cas où Nicolas Sarkozy rencontrerait le dalaï-lama.

Non seulement Sarkozy l’a traité « d’ersatz d’ambassadeur », mais en plus il lui a publiquement répliqué : « Ce n’est pas à la Chine de fixer mes rendez-vous. »

Visite express de Sarkozy

On a appris en tout cas hier, à Pékin, que le dalaï-lama sera reçu le 13 août au Sénat par les groupes parlementaires sur le Tibet. Cette officialisation du voyage en France du leader spirituel tibétain prépare-t-elle le terrain à un entretien avec Nicolas Sarkozy ? Les dirigeants chinois n’ont pas été rassurés par la formule d’un conseiller de l’Elysée il y a un mois : « le président n’a pas dit qu’il verrait le dalaï-lama, il n’a pas dit qu’il ne le verrait pas. »

Après que l’armée chinoise a durement réprimé les manifestations de Lhassa en mars, Sarkozy avait menacé de ne pas venir aux JO sans un progrès du dialogue Pékin - dalaï-lama. La presse officielle et les internautes chinois avaient dénoncé l’arrogance du président français et avaient exprimé leur déception face à quelqu’un à qui la Chine avait fait en novembre 2007 le « cadeau » de 20 milliards d’euros de contrats, dont cent soixante Airbus.

Pour l’instant, ces critiques sont en sourdine. Priorité aux JO. Nicolas Sarkozy arrive à Pékin le 8 août vers midi et en repart à minuit. Un voyage bref, mais accompagné d’un geste symbolique : parmi les invités dans l’avion du chef de l’Etat se trouvera José Luis Duran, le président du directoire de Carrefour ; en avril et mai, les magasins de ce groupe français ont été boycottés en Chine en représailles contre le passage chahuté de la flamme olympique à Paris. Les agences de tourisme de Pékin avaient enchaîné en supprimant la France de leurs catalogues de voyage. Cette destination a été rétablie le 30 juin. Mais, depuis, plusieurs cabinets d’avocats affirment qu’ils n’arrivent plus à obtenir de la municipalité de Pékin les autorisations nécessaires à des investissements français. « Le plus grave dans cette mauvaise relation, explique un professeur d’histoire de l’université de Pékin, c’est que les jeunes Chinois se sont habitués à critiquer la France. La reconnaissance de la Chine par De Gaulle en 1964 ne les concerne pas du tout. »

Le ministère français des Affaires étrangères affirme avoir reçu des assurances de la part de la Chine que les investissements hexagonaux ne sont pas soumis à un gel. « Nous avons reçu confirmation de la ville de Pékin et du ministère chinois du Commerce qu’il n’y avait aucune mesure de ce type, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Eric Chevallier
 
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