
A une semaine de l'ouverture des Jeux olympiques, que le régime pékinois perçoit comme son grand rendez-vous avec l'Histoire, force est de constater que ces promesses n'ont pas été suivies d'effet. Depuis des mois, arrestations et condamnations d'avocats des droits de l'homme, d'activistes et de journalistes se sont succédé à un rythme inquiétant. Lourdes peines de prison, intimidations parfois violentes des dissidents, mises à l'écart des gêneurs : le sort de ceux qui osent défier le pouvoir chinois est révoltant.
A l'approche des Jeux olympiques, alors que tous les regards sont tournés vers elle, la Chine contredit ainsi ses bonnes intentions en faisant feu de tout bois pour museler les critiques des opposants au système. Pour les empêcher de pointer du doigt les abus de pouvoir et les atteintes à la liberté d'expression.
Certes, en trois décennies, le pays le plus peuplé de la planète a réussi une extraordinaire mutation qui lui a permis d'accéder au rang d'acteur économique et diplomatique majeur. Certes, la Chine est aujourd'hui un pays plus ouvert, plus tolérant qu'il ne l'a jamais été par comparaison avec les horreurs du maoïsme. Certes, comme le reconnaissent eux-mêmes des défenseurs chinois des droits de l'homme, la liberté de parole n'a globalement cessé de s'améliorer.
Mais d'énormes progrès restent à faire de la part d'un parti-Etat qui continue d'instiller la peur au sein de la population.
Pour la Chine - on le savait -, les droits de l'homme ne sont pas des valeurs universelles. Le relativisme culturel qu'elle revendique l'incite à faire fi des principes de la démocratie tels qu'on entend ce mot en Occident. Ceux qui avaient pris les promesses d'il y a sept ans pour argent comptant se sont trompés. Ce recul est évidemment de nature à gâcher la fête qui s'annonce.
Source:
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/30/la-chine-a-reculons_1078627_3232.html