A voir la série d'interdits récemment publiée par le comité organisateur des JO, la partie s'annonce serrée pour les militants des droits de l'homme. Parmi les choses bannies des stades, les banderoles, T-Shirts ou insignes comportant des publicités ou des références à la religion, à la politique, à l'armée, ou aux droits de l'Homme.
Serrée donc, mais pas forcément impossible. C'est du moins le pari qu'a fait un mouvement né à l'automne dernier au Danemark, baptisé "Couleur Orange".
Celui-ci repose sur un principe "simple" et "raffiné", énoncé sur son site thecolororange.net : "utiliser l'orange pour signaler quelque chose qui ne va pas (...) Même le fait d'éplucher une orange pendant des moments bien choisis peut marquer l'action."
Derrière ce choix inspiré de la révolution des moines birmans à l'automne dernier, un visage bien connu des autorités chinoises : le sculpteur danois Jens Galschiot. Auteur de la "Colonne de la honte" bâtie en 1997 à l'Université de Hong Kong pour commémorer le massacre de Tiananmen, l'homme ne dispose plus depuis du droit d'entrée sur le territoire chinois.
Chasse à l'orange
Peu importe, celui-ci a décidé de se saisir des Jeux pour essaimer son message. "On n'a pas reçu de soutien de la part des politiques, ceux qui sont contre ont choisi de boycotter la cérémonie mais on compte aujourd'hui environ 40 petits comités orange un peu partout dans le monde. Un journaliste de la CNN portait même un signe orange lors du passage de la flamme à Londres", raconte l'artiste.
Mais si l'initiative ne passe pas inaperçue, c'est aussi le cas du côté des autorités chinoises. En mars dernier, à Athènes, 10 activistes orange étaient interceptés avant même d'avoir pu approcher la flamme. Même chose un mois plus tard, lorsque Jens Galschiot et deux autres membres, venus à Hong-Kong pour repeindre en orange la fameuse colonne, étaient remis dans un avion dès leur arrivée à l'aéroport.
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