La Chine en mal d'amour à l'approche des JO
11 juillet 2008 - Libération
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les Jeux olympiques ont un impact négatif sur le tourisme dans le pays hôte.
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La Chine en mal d'amour à l'approche des JO
11 juillet 2008 - Libération
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les Jeux olympiques ont un impact négatif sur le tourisme dans le pays hôte.
![]() L’ETOA, l’association européenne des Tours-Opérateurs vient de publier une enquête confirmant les résultats d'une précédente étude menée en 2006 sur les conséquences de l’organisation des Jeux Olympiques sur la croissance touristique...
Se basant d’abord sur les JO d’Athènes et de Sydney, le rapport cite le directeur général du forum australien du tourisme qui affirme que «l’Australie reçoit désormais moins de touristes, cinq ans après les JO, qu’avant», ceux-ci s’étant détournés du pays pour la Nouvelle-Zélande. De même, la Grèce aurait pâti d’avoir organisé l’événement sur son territoire, au profit de la Turquie, vers laquelle les visiteurs se sont tournés par la suite. Pour exemple, la croissance touristique de la Grèce est inférieure de 20% à celle de la Turquie depuis 2004. D'une manière générale, ce genre d’événement mondial a pour effet de repousser les touristes «réguliers», qui craignent le trop plein de visiteurs. De ce point de vue, la Chine, et Pékin en particulier, ne devrait pas échapper au phénomène. Le rapport, s’appuyant sur les statistiques de l’office du tourisme à Pékin, affirme que pour l’instant, seulement 44% des chambres d’hôtel 4 étoiles et 75% des chambres d’hôtels 5 étoiles seulement sont réservées. Des résultats tellement en deçà des attentes des organisateurs qu’ils ont conduits les professionnels du tourisme à revoir leur prix à la baisse; ces derniers étant de toute façon jugés trop excessifs jusque là. En effet, selon Taï-Yang, agence de voyage spécialisée pour la Chine, «les prix ont doublé par rapport à 2007 et cela entraîne une baisse de la demande». À trop vouloir profiter de l’organisation des Jeux et augmenter ses prix, le secteur hôtelier y a finalement perdu au change… Mais cette envolée des prix n’est pas la seule raison du désamour des touristes pour la Chine. Celle-ci a récemment souffert des derniers évènements qui ont donné une image négative du pays : entre les émeutes au Tibet, le tremblement de terre au Sichuan, la catastrophe ferroviaire du Shandong du 23 janvier, la Chine est mal aimée depuis le début de l’nnée 2008. Cerise sur le gâteau, toujours selon Taï-Yang, «les mois de juillet et août représentent la basse saison pour la Chine, il fait bien trop chaud. Si les hôtels ne baissent pas leur prix, ils n’auront aucune chance d’atteindre un taux de remplissage rentable. En outre, la très grande majorité des circuits que nous proposons, à l’instar des autres agences de voyage, intègre Pékin comme étape quasi-obligatoire pour un circuit en Chine. Et une hypothétique hyperactivité dans Pékin a un effet repoussoir sur les touristes. » Un sursis pour Paris, éternellement menacée par la Chine pour la première place touristique au monde? |