
Les objectifs du pays sont donc d’augmenter la productivité de l’agriculture, sans pour autant accroître l’utilisation d’intrants.
En effet, la préservation de l’environnement serait aujourd’hui au cœur de tous les débats, d’après Marie-Lise Molinier, conseillère agricole, attachée à la mission économique, basée à l’ambassade de France en Chine.
TV Agri : Quelles ont été les mesures mises en place par le gouvernement pour protéger la souveraineté alimentaire du pays ?
Marie-Lise Molinier : Des mesures d’aide à la production ont été mises en place par le gouvernement afin de favoriser le développement des céréales et surtout permettre aux agriculteurs de continuer à planter des cultures vivrières. Le blé et le riz sont les cultures essentielles. La Chine n’importe pas de riz. C’est aussi l’un des plus gros producteurs de grains : riz, blé, maïs, soja. Des taxes ont été fixées afin de limiter les exportations vers les pays asiatiques (Japon, Corée…), pour favoriser le marché intérieur.
Depuis 4 ans la Chine n’importe plus de blé, ses taux d’autosuffisance sont de l’ordre de 95% à 98%.
Stratégiquement, l’Etat constitue des stocks de blé et de riz pour faire face aux aléas de productivité. Ces stocks permettent aussi de contrôler les prix sur les marchés nationaux. En cas de crise alimentaire, la tension inflationniste déjà existante risque de s’accroître, des tensions sociales risquent d’apparaître, ce qui n’est pas dans l’intérêt du gouvernement.
Périodiquement, des stocks de porc sont aussi constitués afin de limiter les tensions sur le marché intérieur, face à la demande. Des maladies ont en effet affaibli les élevages, mais l’Etat a mis en place des opérations pour relancer ces producteurs. L’impact du tremblement de terre qui a touché la région du Sichuan en mai dernier, région productrice de bétail, n’a pas été très important (810 000 porcs pour une production nationale de 60 millions de têtes).
TV Agri : Quelle est la place de la Chine dans le marché mondial ?
M.-L. M. : La Chine est exportatrice de fruits et légumes, en excédent sur son marché national. Pour les autres produits, elle deviendra à terme importatrice. La demande en « nouveaux produits » pour les Chinois s’accentue.
Malgré la plantation de vignes pour favoriser le développement de l’Est de la Chine, les surfaces disponibles ne suffiront pas à couvrir la demande en vin. Cette perspective est plutôt rassurante pour les viticulteurs, français notamment, qui peuvent espérés s’implanter dans le marché chinois.
Précisons cependant, qu’il existe des blocages sanitaires et phytosanitaires aux frontières empêchant les produits frais de pénétrer sur le marché intérieur.
TV Agri : Comment le pays espère-t-il augmenter la productivité des cultures ?
M.-L. M. : La surface du territoire est limitée, mais le niveau de vie des habitants tend à augmenter. Les ressources en eau aussi sont limitées, surtout au Nord. De plus, la Chine entre dans une politique de préservation de l’environnement, cherche de nouvelles destinations à l’agriculture (les agrocarburants par exemple) et des nouveaux modes d’agriculture. C’est pourquoi ce pays investit dans la recherche sur les biotechnologies pour « mieux produire et produire plus ». La Chine se positionne dans les mêmes problématiques mondiales et prend part aux négociations internationales.
Ce pays cherche des solutions pour préserver sa sécurité alimentaire. Tous les domaines pouvant être source de progrès sont donc valables. La culture de riz OGM, n’est pour autant pas autorisée dans le pays, même s’il existe déjà des tomates génétiquement modifiées. La Chine, en terme d’OGM, est très attentive à la position européenne.
Source:
http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/europe-international/article-204-49045.html