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Le week-end dernier, dans tout le pays, les mêmes scènes se sont répétées: des parents à l'extérieur des salles d'examen, dans l'attente de leurs enfants, qui planchaient.
«Je suis très sereine, ma fille a un très bon niveau et tout ira bien», affirme Qi Yaming, une mère de famille, tenant entre les mains l'exemplaire d'un journal consacré aux examens. «Ne pas trop stresser», conseille le périodique.
Comme des centaines d'autres parents, Mme Qi se trouvait à la sortie d'un lycée du quartier de JingAn en plein centre de Shanghai.
Selon un sondage mené par le ministère de l'Éducation et le Journal de la Jeunesse de Chine, organe de la Ligue de la Jeunesse communiste, 89,6 % des lycéens estiment que leur destin peut changer en fonction des résultats au concours, qui seront connus à la fin du mois de juin.
C'est surtout le cas pour les jeunes, qui viennent des campagnes, pour lesquels le «gaokao» peut faire office de tremplin.
Être admis signifie faire partie d'une élite scolaire triée sur le volet. À peine plus de la moitié des candidats auront une place à l'université cette année, avec 5,99 millions de reçus. Le choix du cursus et de l'établissement dépendent, par ailleurs, de la place au classement.
Dans ces conditions, le «gaokao» est une affaire nationale de haute importance et les sujets sont classés «top secret».
À Shanghai, plusieurs résidences du centre de la ville demandaient vendredi à leurs habitants de veiller à ne pas faire de bruit pendant ces jours d'épreuves.
Quant à la famille Qi, qui habite dans la banlieue lointaine de Jiading, elle a pris une chambre d'hôtel pour trois jours, afin d'éviter à sa fille de trop longs trajets.
Même le problème croissant du chômage des jeunes diplômés n'arrête pas les familles.
«On ne se pose pas la question de savoir si c'est bien ou pas de devoir passer l'examen, il faut le faire et puis c'est tout «, dit Tong Yuling, une mère d'élève, qui n'envisage même pas un échec de sa fille.
«C'est la réalité chinoise, depuis notre naissance, on sait qu'on doit le passer. Et puis, de toute façon, si on ne le passe pas et qu'on ne va pas à l'université, on risque encore moins de trouver du travail», juge Fu Jiamin, en première année de fac.
Certains élèves n'arrivent cependant pas à faire face à tant d'angoisse.
«La pression peut être transformée positivement pour motiver les élèves. Mais il est vrai qu'elle peut aussi être négative. Après tout, chaque étudiant est différent et certains ne supportent pas», estime Zhou Longbiao, psychologue pour le centre Meiao à Shanghai.
L'an dernier, Tao Ying a tout fait pour l'éviter, tétanisée d'avance.
Pourtant bonne élève, la jeune Shanghaienne a présenté un concours parallèle, propre aux cursus de langues étrangères.
«J'étudie le coréen, ce n'était pas mon premier choix, mais ce n'est pas grave», explique l'étudiante de la Shanghai International Studies University.
«Je ne sais pas si le "gaokao" existera toujours quand j'aurais des enfants, mais si c'est le cas, je préfère encore déménager à l'étranger pour leur éviter ça», lance-t-elle.