
Les avions qu’attendent avec impatience touristes et hommes d’affaires, contraints depuis des décennies de transiter par Hongkong ou Macao, sont un prélude au réchauffement voulu par les dirigeants des deux côtés du détroit de Formose depuis l’élection en mars du nouveau président taïwanais Ma Ying-jeou.
Une rencontre bilatérale, qualifiée d’historique par la presse chinoise, débute aujourd’hui à l’initiative de la Chine et pour quatre jours entre des représentants de deux organisations chargées des négociations, l’Association for Relations across the Taiwan Strait (Arats) et son homologue taïwanaise, la Strait Exchange Foundation (SEF).
Missiles. L’ambiance sera à la «détente», selon le quotidien officiel China Daily. Et les conversations surtout centrées sur l’économie car le sujet vraiment sensible, la réunification, ne devrait pas être abordé. Pas plus que le démantèlement des missiles chinois dirigés vers Taiwan. «Les conditions sur les discussions politiques ne sont pas encore réunies, a déclaré à l’AFP Li Peng, de l’institut de recherches sur Taiwan à Xiamen (Chine), les discussions aborderont d’abord les sujets faciles, puis les plus épineux.» Pékin a accepté de reprendre le dialogue en mai, après une rencontre «historique», car première du genre depuis 1949, entre le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) Hu Jintao et celui du Kuomintang (KMT).
Marché commun. Le KMT, parti sécessionniste de 1949 revenu au pouvoir en mars, avait axé sa campagne sur un rapprochement avec la Chine, proposant l’instauration d’une sorte de marché commun entre les deux pays. Lors du XVIIe congrès du Parti communiste chinois en octobre, Hu Jintao avait amorcé la détente, appelant «de manière solennelle à discuter d’un arrêt formel des hostilités entre les deux rives pour parvenir à un accord de paix».
Les huit ans de règne du parti démocratique et du président Chen Shui-bian, favorable à l’indépendance de Taiwan, avaient été marqués par des tensions spectaculaires. En 1999, Pékin avait déjà suspendu les pourparlers bilatéraux avec le président taïwanais de l’époque, qui avait parlé de «relations d’Etat à Etat». Pour la Chine, Taïwan fait partie de son territoire.
Source:
http://www.liberation.fr/actualite/monde/331243.FR.php