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  • Près de 20% des citadins de moins de sept ans sont en surpoids et plus de 7% obèses, selon l'étude de la Cellule nationale sur l'obésité infantile, présentée en marge de l'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

    «Ce sont des chiffres plus élevés que dans les pays européens, alors que le produit intérieur brut de la Chine est bien plus bas», souligne le professeur Ding Zongyi, qui a dirigé l'étude. «Seuls les États-Unis ont des taux supérieurs».

    Les experts chinois, qui ont étudié 80 000 enfants dans 11 grandes villes, ont mis en évidence une explosion de 156% du nombre d'obèses entre 1996 et 2006 et de 52% du nombre d'enfants en surpoids (l'obésité est définie par un rapport poids/taille supérieur de 20% à la normale, le surpoids par un excès de 10%).

    «Ce taux de croissance est devenu incontrôlable», observe le Pr Ding dans un entretien avec l'AFP, soulignant que l'augmentation du taux d'obésité dépasse celui de la croissance économique.

    L'obésité infantile est révélatrice des bouleversements sociaux qui ont transformé le pays depuis l'abandon progressif du collectivisme à la fin des années 1970.

    «Lorsqu'une personne pauvre s'enrichit, la première chose qu'elle fait c'est d'améliorer son ordinaire. C'est un grand vecteur d'obésité», explique le spécialiste.

    Avec l'énorme réservoir de pauvreté qui subsiste en Chine et l'enrichissement progressif de la population, le problème ne peut qu'empirer dans les années qui viennent, prévoit-il.

    L'occidentalisation des modes de vie dans les villes conduit les parents à offrir à leur enfant une nourriture saturée en graisses et en sucres et à abuser de la restauration rapide, selon le chercheur, qui incrimine la mode des sodas et des crèmes glacées ainsi que le manque d'exercice.

    Selon lui, les parents et le système scolaire tendent à privilégier les résultats académiques aux dépens du sport, qui ne représente au mieux que deux heures de cours par semaine.

    La politique de l'enfant unique suivie depuis près de 30 ans complique la donne, dans un pays réputé pour sa cuisine et qui considère traditionnellement les rondeurs comme un signe de bonne santé.

    «La politique de l'enfant unique conduit les parents à surprotéger leur enfant. Le comportement des grands-parents est particulièrement inquiétant: ils tendent à gaver leur petit-enfant car ils pensent qu'être gros est signe de richesse pour la famille», analyse le Pr Ding.

    La préférence traditionnelle pour les garçons se reflète d'ailleurs dans les statistiques, qui révèlent un taux de 22% de surpoids chez ces derniers, contre 17% pour les filles.

    Le professeur reçoit à Pékin dans l'Hôpital pour Enfants du Premier Août jusqu'à une vingtaine de jeunes patients par jour, mais il se refuse à imposer le moindre régime. La solution passe selon lui par un changement radical du mode de vie: il faut convaincre par exemple les parents d'obliger leur enfant à participer aux tâches ménagères.

    «Ces enfants ont horreur de faire leur lit», observe-t-il.

    La Cellule nationale sur l'obésité infantile a effectué son étude à trois reprises en 1986, 1996 et 2006. «Ce n'était pas facile au début: les gens pensaient que l'obésité était un problème de pays capitaliste», se souvient le professeur Ding.

    Depuis, les autorités chinoises ont pris la mesure du défi sanitaire et économique, mais la malnutrition, qui cohabite dans les campagnes avec l'obésité, «reste pour le gouvernement le problème numéro un», estime-t-il, regrettant l'absence d'éducation alimentaire à l'école.

    À la télévision, les campagnes pour une nourriture saine cohabitent avec les publicités pour les produits alimentaires trop riches, déplore le spécialiste.
     
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