
"Nous saluons le fait que (les autorités chinoises) se soient dites ouvertes au dialogue, mais cela ne sera utile que s'ils sont prêts à un dialogue substantiel", a déclaré Mme Takla devant la commission des droits de l'Homme du Parlement européen à Bruxelles.
Pour elle, la rencontre à huis clos de dimanche dans le sud de la Chine entre des représentants de Pékin et deux émissaires du dalaï lama -au cours de laquelle ces derniers ont demandé aux autorités chinoises de faire preuve de "retenue" et d'"améliorer" le sort des Tibétains- ne constituent pas un début de négociations.
"Les vraies négociations n'ont pas commencé", a déclaré Mme Takla.
"Il y a eu six rounds de pourparlers depuis 2002", a-t-elle rapporté. "Nous nous sommes toujours efforcés de convaincre le gouvernement chinois que nous ne voulons pas l'indépendance mais une authentique autonomie, et par cela ce que nous voulons c'est la gestion des affaires intérieures - éducation, santé, religion... - tandis que pour les affaires étrangères et la défense les autorités chinoises peuvent s'en occuper", a-t-elle ajouté, mais "il n'y a eu aucun progrès".
"Tant que le gouvernement chinois ne répondra pas à ces demandes il n'y aura aucun progrès", a-t-elle insisté.
Elle a estimé que les émeutes anti-chinoises étaient l'expression du "désespoir" d'un peuple dont les droits sont "violés à tous les niveaux".
C'est "grâce aux efforts du dalaï lama, qui a toujours appelé à ne pas recourir à la violence" que le peuple tibétain est resté non-violent jusqu'ici, a-t-elle insisté.
"Mais maintenant la question se pose: est-ce qu'on continue à insister sur la non-violence ou est-ce qu'on les laisse recourir (à la violence)? Il est suffisamment clair que les violations des droits de l'Homme empirent et la question est de savoir ce qu'il faut faire pour changer ça", a-t-elle ajouté.
De retour de Chine, l'un des deux émissaires du dalaï lama, Lodi Gyari, a qualifié mardi de "très franches" et de "bon premier pas" les discussions de dimanche avec les Chinois.
Les deux émissaires du dalaï-lama sont rentrés mardi en Inde et rendront compte mercredi au chef des Tibétains en exil de la teneur de leurs entretiens, a annoncé le gouvernement tibétain en exil.
Les deux envoyés étaient mardi à New Delhi et "arriveront demain à Dharamsala", a indiqué à l'AFP Thubten Samphel, porte-parole du gouvernement tibétain réfugié dans cette bourgade indienne accrochée aux contreforts de l'Himalaya.
De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a estimé que les contacts n'étaient qu'à leurs "débuts", et que la poursuite du dialogue avec les émissaires du dalaï lama dépendrait de "la sincérité" du chef des Tibétains en exil.
Source:
http://afp.google.com/article/ALeqM5ghiMt42idJFokVXcCz3yYMbrKABg