Tibet : le doute gagne les esprits
28 avril 2008 - rfi
Les Tibétains s'affichent de plus en plus sceptiques sur l'offre chinoise de renouer le contact.
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Tibet : le doute gagne les esprits
28 avril 2008 - rfi
Les Tibétains s'affichent de plus en plus sceptiques sur l'offre chinoise de renouer le contact.
![]() L'entourage du Dalaï Lama à Dharamsala (en Inde), assurait, dimanche 27 avril, n'avoir toujours pas reçu de précisions sur l'ordre du jour de la rencontre, annoncée vendredi par Pékin et censée se tenir dans quelques jours. Simple ruse diplomatique, selon un membre du Parlement en exil. Le Dalaï Lama a, lui, de nouveau demandé des discussions sérieuses, faute de quoi ce rendez-vous serait inutile. Cela dit, s'il est improbable que les Chinois acceptent une quelconque négociation, la position des Tibétains est elle-même ambiguë.
La ligne officielle tibétaine, c'est celle de la voie médiane. Ni l'indépendance, ni l'autonomie, comme Pékin l'a décrété en 1964, en morcelant le Tibet historique et en se gardant bien de céder la moindre parcelle de pouvoir, politique ou économique. Ce que revendique le Dalaï Lama, c'est une véritable autogestion, qui ne laisserait au pouvoir central que la responsabilité de la politique étrangère et de la défense. En réclamant au passage le rattachement au Tibet des régions aujourd'hui incluses dans les trois provinces limitrophes du Qinghai, du Ganxu et du Sichuan. Ambiguïté ethnique et impasse politique Le Tibet rejette donc à la fois la carte administrative de la Chine et l'organisation du pouvoir qui, au Tibet comme partout ailleurs, passe par les représentants du Parti communiste. Or, c'est dans ce cadre qu'il assure vouloir négocier. Une contradiction, que Pékin assimile systématiquement à du séparatisme. Et avec d'autant plus de chance d'être entendu de l'immense majorité des Chinois, les Hans, que ces derniers sont considérés comme des colons et donc stigmatisés comme étrangers au Tibet. Le Dalai Lama parle au nom du peuple tibétain, mais sans avoir, ni recherché d'ailleurs, de reconnaissance internationale, qui légitimerait sa position. Leader d'un gouvernement en exil, qui n'a au fond de raison d'être que s'il conteste l'ordre chinois. |