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L’ouvrir une bonne fois pour toutes pour ensuite se consacrer à la préparation de leurs Jeux. Après quinze jours d’intense pression exercée par les associations de défense des droits de l’homme et des médias, les sportifs français ont dévoilé hier, au Comité national olympique français (CNOSF), le message qu’ils souhaitaient porter aussi bien lundi, lorsque la flamme olympique traversera Paris, qu’à Pékin au moment des jeux Olympiques (8-24 août). « Pour un monde meilleur », inscrit au-dessus de France et des cinq anneaux olympiques, en réponse à la répression au Tibet menée par les autorités chinoises, ainsi qu’à tous les droits fondamentaux bafoués par le pays hôte des Jeux. « Ce message nous permet de partir à Pékin l’esprit tranquille et de gagner des médailles en portant le plus haut notre message », proclame le porte-parole de l’opération, l’ancien judoka David Douillet.

réagir vite
Au vu de ce petit badge, on pourrait se dire : « C’est tout ? » Mais pour la vingtaine de sportifs présents hier au CNOSF, c’était énorme. Surtout parce qu’il a fallu réagir vite. Sébastien Flute, ancien champion olympique de tir à l’arc et dirigeant de la commission des athlètes au CNOSF, raconte : « Certains avaient déjà réagi à ce qui se passait en Chine. Mais ils étaient submergés par les appels des médias. Ils se sont dit qu’il fallait arrêter que d’autres parlent pour eux, qu’ils devaient reprendre la parole en affirmant un message clair, non seulement sur le problème des droits de l’homme en Chine, mais partout dans le monde. En trois rendez-vous depuis lundi, tout s’est mis en place. »

Il a donc fallu contourner les foudres du Comité international olympique (CIO), qui avait annoncé qu’aucun message politique ne serait admis dans l’enceinte des Jeux. Finalement, tout était dans la charte de l’olympisme. Celle-ci stipule que les Jeux doivent oeuvrer « pour un monde meilleur ». Le symbole des cinq anneaux ne pouvait apparaître sans l’accord de l’un des dépositaires de la « marque » : le CNOSF. D’où aussi la présence de « France ».

La tâche des sportifs ne s’arrête pas là. « Si ce message n’est pas porté par des sportifs d’autres pays, tout cela ne sert à rien », grimace l’escrimeuse Laura Flessel. Le président du CNOSF, Henri Sérandour, a donc pris son bâton de pèlerin. À l’assemblée des comités olympiques nationaux, réunie depuis hier à Pékin, il doit obtenir l’accord de Jacques Rogge, président du CIO, pour le port du badge. Des contacts ont été pris avec Serguei Bubka, président de la commission des athlètes au CIO. Et les coups de fil marchent à plein chez les Français pour faire partager le symbole auprès de leurs homologues étrangers. À l’origine de lération, le perchiste Romain Mesnil est soulagé. « J’ai été un peu perturbé dans ma préparation. Aujourd’hui, on a montré que les sportifs ne mettaient pas leur conscience dans leur poche. On a rempli notre rôle et l’on continuera à Pékin, en silence mais avec le badge. À d’autres d’aller plus loin. »
 
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