
De son côté, le dalaï lama s'est entretenu mercredi à Dharamsala (Inde) avec des représentants des organisations tibétaines radicales, alors que des dissensions persistent entre la jeunesse et la vieille garde des Tibétains en exil, a indiqué son entourage.
"Nous menons une lutte à mort avec la clique du dalaï lama", a affirmé l'homme fort du Tibet, le numéro un du Parti communiste Zhang Qingli, cité mercredi par le Quotidien du Tibet.
Cette diatribe survient alors que les appels se multiplient à l'étranger pour que la Chine dialogue avec le dalaï lama, leader spirituel des Tibétains et Prix Nobel de la Paix.
Dans ce discours particulièrement violent prononcé mardi -- où M. Zhang a qualifié le dalaï lama de "loup enveloppé dans une bure de moine" et de "monstre à face humaine mais au coeur d'animal"--, il a également appelé les responsables à ne pas baisser la garde.
"Actuellement, nous menons une lutte intense de sang et de feu avec la clique du dalaï lama, une lutte à mort", a-t-il lancé.
La réunion entre le dalaï lama et cinq organisations tibétaines radicales, a eu lieu alors que le chef spirituel des Tibétains a menacé mardi de démissionner de sa position de dirigeant politique.
La rencontre a réuni autour du dalaï lama, le leader du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), Tsewang Rigzin et plusieurs autres exilés radicaux, a précisé Tenzin Taklha, un proche collaborateur du dignitaire tibétain.
Les exilés tibétains en Inde sont divisés entre l'ancienne génération du dalaï-lama, apôtre de la non-violence et partisan de l'autonomie, et des radicaux, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine qui exigent l'indépendance.
Contrairement au dalaï lama, le TYC a également appelé au boycottage des jeux Olympiques de Pékin prévus en août.
Selon une autre source, membre de l'administration tibétaine en exil, la rencontre qui a duré 20 minutes a été "cordiale".
Le Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC) a fustigé lundi la position traditionnellement modérée du chef spirituel du bouddhisme tibétain, réclamant la poursuite des manifestations au Tibet jusqu'à l'indépendance et jugeant que la Chine ne "méritait pas" les Jeux Olympiques.
Le dalaï lama a renoncé à revendiquer l'indépendance du Tibet et adopté une approche dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer une large autonomie culturelle.
Le chef spirituel et temporel tibétain, âgé de 72 ans, a assuré mardi à Dharamsala qu'il n'avait pas de prise sur les violences qui ont secoué le Tibet, menaçant de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain si la situation se dégradait à Lhassa, où régnait mardi un calme tendu.
Les autorités chinoises ont affirmé que 105 personnes impliquées dans les manifestations de vendredi à Lhassa s'étaient rendues mardi soir, a indiqué l'agence Chine Nouvelle.
Les émeutes dans la capitale du Tibet ont fait 13 morts, vendredi, selon un bilan officiel.
Les Tibétains en exil parlent de 100 morts, voire de centaines de victimes, non seulement au Tibet mais dans d'autres régions où les manifestations s'étaient propagées.
Les autorités avaient donné aux manifestants impliqués dans les violences de vendredi jusqu'à 23h00 (15h00 GMT) mardi pour se rendre, promettant la clémence, a précisé l'agence officielle.
Mercredi, des groupes pro-tibétains ont fait état de centaines d'arrestations après les troubles de ces derniers jours au Tibet et dans les régions où vivent des minorités tibétaines.
"Il semble que plusieurs centaines de personnes au moins ont été arrêtées - peut-être des milliers" dans le grand Tibet qui, outre la région autonome du Tibet, recouvre des régions voisines, a dit à l'AFP Lhadon Tethong, directrice du mouvement des Etudiants pour un Tibet Libre.
"Nous n'arrivons pas à rester à jour (...) Il y a un tel flot d'informations!", a-t-elle ajouté.
Kate Saunders, de Campagne Internationale pour le Tibet (ICT), évoque, elle, "des centaines d'arrestations" possibles uniquement à Lhassa.
Les autorités tibétaines ne faisaient mercredi aucun commentaire sur ces arrestations ni sur les Tibétains qui se seraient rendus.
Un responsable du Bureau de la sécurité publique a même enjoint à l'AFP de cesser d'appeler pour tenter d'obtenir des informations.
La Chine soutient que les forces de l'ordre n'ont pas tiré vendredi à Lhassa sur les manifestants, dont beaucoup de moines bouddhistes, et que les violences accompagnées d'incendies et de pillages, ont été commises par des casseurs.
Selon cette version, les victimes sont des "innocents" tués sauvagement par des "émeutiers tibétains".
Mardi, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a affirmé avoir "les preuves" que les émeutes de Lhassa avaient été "fomentées et organisées par la clique du dalaï lama" pour "saboter les jeux Olympiques" de Pékin en août.
Les manifestations ont débuté le 10 mars, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa en 1959.
Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine, où les journalistes étrangers ne peuvent pas se rendre.
Source:
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080319/twl-chine-tibet-droitshomme-violences-pr-5fb7533.html