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Dans l'un des deux centres d'élevage des pandas géants en captivité, celui de Chengdu, dans le sud-ouest du pays, une femelle a reçu le nom de Jing Jing, une des cinq "fuwas", les mascottes des JO.

"Comme elle est née juste au moment de l'annonce des mascottes, nous lui avons donné ce nom après consultation du comité d'organisation des JO" (Bocog), explique le directeur du Centre, Zhang Zhihe.

Ce dernier espère même qu'elle reçoive la flamme olympique lors de son passage dans cette métropole de 11 millions d'habitants, prévue en juin.

"Nous sommes en consultations avec le Bocog pour que la flamme olympique passe entre les pattes de Jing Jing", dit le directeur.

Près de son enclos, où la grosse bête profite de sa gloire olympique en dégustant nonchalamment des feuilles de bambou, un panneau explique cette filiation avec les jeux Olympiques.

Une manière pour le centre, qui en possède 68, de sensibiliser le public à la cause des pandas géants, une espèce qui vit à l'état sauvage surtout dans les montagnes du sud-ouest de la Chine et a failli disparaître dans les années 1980.

Depuis, le panda géant fait l'objet d'un programme de préservation avec la création de réserves pour protéger ceux qui vivent à l'état sauvage et des élevages en captivité pour des réintroductions à terme dans la nature.

"Nous espérons qu'avec les jeux Olympiques plus de gens viendront à Chengdu pour comprendre la Chine et les pandas", explique M. Zhang.

Le centre de Chengdu, créé en 1987, mise sur l'éducation du public et le tourisme. Il a accueilli 600.000 visiteurs en 2007, dont 60% d'étrangers.

"L'éducation est un élément important car la science seule ne peut sauver les espèces en danger", affirme Sarah Bexell, une Américain responsable du programmme d'éducation pour la conservation au Centre.

"Nous essayons de faire un tourisme éducatif. Nous tentons de faire comprendre aux gens que nous pouvons toujours les perdre", ajoute-t-elle.

Le centre a recréé les conditions de l'habitat naturel, avec profusion de bambous, à la fois dans les enclos, mais aussi le long des chemins de traverse.

Il multiplie également les collaborations internationales, recherchant activement des financements extérieurs, et prévoit de s'étendre à la fin de l'année.

"Nous allons passer de 37 hectares à 107, les pandas en captivité auront de meilleures conditions d'existence, nous aurons un centre d'éducation et de préservation de niveau mondial et de meilleures installations pour les recherches scientifiques", explique M. Zhang.


Un bâtiment flambant neuf abrite une banque du sperme, de tissus et de cellules, non seulement pour le panda, mais aussi pour d'autres espèces en danger de la région, comme le tigre du sud de la Chine, le panda roux, le singe doré...

"Si on ne les avait pas protégés, les pandas géants et les autres espèces en danger auraient pu disparaître rapidement, l'environnement se serait également détérioré", juge le directeur Zhang Zhihe.

Les pandas à l'état sauvage sont estimés à 1.596, contre 1.114 en 2000, disséminés sur des territoires d'une surface totale de 23.000 kilomètres carrés dans les provinces du Sichuan, du Gansu (nord-ouest), et du Shaanxi (nord). La Chine compte 250 pandas géants en captivité, à Chengdu et à Wolong, un centre en pleine nature à une heure de la capitale provinciale.

Certains sont loués à des zoos étrangers, pour un prix d'environ un million de dollars par an, dans le cadre de ce qui est souvent appelé la "diplomatie du panda".
 
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