
"Hier après-midi à Lhassa, un groupe de moines venus d'un monastère, à l'incitation d'un petit groupe de gens, ont réalisé une activité illégale qui a troublé l'ordre public", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang.
"Leur cas sera traité conformément à la loi", a-t-il poursuivi.
"Nous continuerons à combattre les activités illégales", a également déclaré Qin Gang, réaffirmant que "le Tibet fait partie de la Chine depuis les temps anciens".
Il n'a cependant pas confirmé qu'une soixantaine de manifestants avaient été interpellés, comme l'avait indiqué Radio Free Asia (RFA).
Selon la radio basée aux Etats-Unis, citant des sources anonymes à Lhassa, quelque 300 personnes ont quitté lundi un monastère en direction du palais du Potala, joyau du bouddhisme tibétain au centre de la ville, afin de réclamer la libération de moines emprisonnés en octobre après les honneurs américains accordés au dalaï lama à Washington.
Entre 50 et 60 manifestants ont été arrêtés par la police par les forces de l'ordre, qui ont également bloqué les routes et encerclé les monastères pour empêcher les manifestations de se propager, selon RFA.
Cependant, onze personnes ont réussi à protester dans le centre de Lhassa avant d'être arrêtées, selon les mêmes sources citées par RFA.
Contactés par l'AFP, des responsables de la police et des affaires religieuses à Lhassa ont refusé de s'exprimer.
Devant ses partisans réunis dans son lieu d'exil à Dharamsala dans le nord de l'Inde, le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, a violemment dénoncé lundi la répression chinoise au Tibet, dans une déclaration inhabituellement sévère exprimée pour le 49e anniversaire de son exil en Inde et à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin.
"Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous répression chinoise", a-t-il dit.
Mardi, le porte-parole chinois Qin Gang a répondu que "les temps avançaient et que le Tibet se développait".
"Personne ne peut arrêter cette tendance", a-t-il ajouté, appelant le dalaï lama à "accepter l'histoire et la réalité" et à "mener des actions qui bénéficient aux Tibétains".
Le dignitaire religieux de 72 ans, qui a fui le Tibet en 1959 après l'échec d'un soulèvement anti-chinois, a abandonné ses revendications d'indépendance, se bornant à réclamer "une large autonomie" pour sauvegarder la langue, la culture et l'environnement de ce territoire himalayen.
La Chine, qui en a pris le contrôle à partir de 1950 --avant d'y mener une sanglante répression-- n'a cessé de rejeter ces demandes qualifiées par le dalaï lama de diplomatie de la "voie moyenne".
Source:
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080311/twl-chine-tibet-religion-droitshomme-5fb7533.html