
Si l’économie s’est libéralisée en Chine, on ne peut en dire autant de la sexualité. Aujourd’hui, 60 à 70 % des jeunes chinois ne se marient plus vierges, alors qu’ils n’étaient que 15 % en 1989 selon des chiffres officiels. Chose rarissime dans le passé, il devient commun de voir les bancs pékinois occupés par de jeunes couples enlacés. Par ailleurs, les chiffres de l’avortement révèlent que les lycéennes représentent une part grandissante des patientes : jusqu’à 80 % dans certaines cliniques citadines. Il faut dire que l’IVG est plutôt accessible (1.000 yuans soit 95 euros), et souvent préféré à la maternité honteuse pour une adolescente.
Entre liberté et tabou
Cependant, cette explosion de l’activité sexuelle des jeunes ne s’accompagne pas d’une réelle éducation et d’un véritable dialogue. Les jeunes connaissent bien les dangers des MST et notamment du sida, mais les discussions sur le sexe restent floues et le mot « préservatif » tabou. « Ils ne parlent pas franchement de relations sexuelles », confirme le sexologue Li Yinhe. Cette situation est symptomatique de la période de transition que vit actuellement la Chine : ni libertine ni chaste, ni traditionnelle ni avant-gardiste. Un paradoxe chinois parmi d’autres.
Source:
http://www.francesoir.fr/etranger/2008/03/06/chine-les-pratiques-sexuelles-evoluent.html#Séquence_1