IPV9, ou comment la Chine crée son propre Internet
14 février 2008 - 01net.com
Pour en finir avec ce qu'elle perçoit comme une emprise américaine sur le Web, la Chine développe son propre système d'adressage IP.
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IPV9, ou comment la Chine crée son propre Internet
14 février 2008 - 01net.com
Pour en finir avec ce qu'elle perçoit comme une emprise américaine sur le Web, la Chine développe son propre système d'adressage IP.
![]() Vu depuis Pékin, l'Internet d'aujourd'hui est sous domination américaine via l'ICANN, institution dépendante du département du commerce américain et qui contrôle la gestion des noms de domaine (.com, .info, etc) et des adresses IP.
Il faut dire que la Chine et ses 210 millions d'internautes se sont vu attribuer un nombre d'adresses IP inférieur à celui alloué à la seule université californienne de Standford, alors que le marché local est en pleine croissance. Le système utilisé de nos jour, IPV4, peut supporter un maximum d'environ 4,2 milliards d'adresses IP. Avec 6 milliards d'internautes potentiels dans le monde et de plus en plus d'appareils se connectant sur le réseau, il faut absolument changer de système et l'ICANN commence à mettre en place le protocole IPV6. Mais pas question pour Pékin de laisser les Etats-Unis et les occidentaux arbitrer seuls l'évolution de la Toile et se retrouver à dépendre une nouvelle fois de serveurs qu'elle ne peut contrôler. 4 fois plus d'adresses qu'IPv6 Plutôt que de passer au mode IPV6 et à son écriture hexadécimale, qui fait pourtant passer à 2128 le nombre d'adresses, la Chine voudrait contrôler de A à Z le réseau et a lancé son propre projet baptisé IPV9 qui promet 4 fois plus d'adresses que IPV6. L'idée principale, qui vient d'être mise en pratique, est de remplacer le système d'écriture des adresses avec des caractères latins, par un système décimal purement numérique. L'avantage pour les autorités chinoises est qu'elles peuvent ensuite « rediriger » ces adresses numériques vers leurs propres serveurs DNS racine, sans plus passer par le système « américain ». L'idéal pour Pékin serait qu'un code numérique comme le numéro de téléphone devienne également l'adresse sur Internet. Par exemple, au lieu d'entrer www.01net.com dans le navigateur, on pourrait saisir une suite de chiffres qui seraient également le standard de la rédaction. Un tel système permettrait de mieux sécuriser mais aussi de mieux contrôler les connections des internautes chinois. Et surtout il est censé permettre la mise en place d'un réseau complètement isolé du reste de la Toile pour l'armée et le e-gouvernement en Chine. Des serveurs racines 100 % chinois Si pour le moment, le nouveau système en écriture décimale ne concerne que quelques sites gouvernementaux, les serveurs racines 100 % chinois tournent déjà... Avec ce projet IPV9, la Chine cherche à se doter d'un réseau national totalement contrôlable et isolable mais qui puisse être en même temps compatible avec le reste du monde pour ne pas briser son envol économique. Le gouvernement chinois affirme ainsi avoir également développé un système d'analyse qui permettra de convertir l'adresse classique « anglo-saxonne » en 100 % décimal et vice-versa, pour assurer la compatibilité à l'international. Avec IPV9, l'empire du milieu caresse donc une fois de plus l'idée de s'ouvrir tout en restant fermé, un grand écart de plus en plus difficile à gérer sur la Toile. |