
Des propos accueillis avec stupeurs et même consternations par certains patrons présents au Forum économique mondial, et qui pose une nouvelle fois le problème de la protection des libertés individuelles en Chine.
Une petite phrase qui a fait l'effet d'une bombe : « Nous savons qui vous êtes, et aussi où vous êtes ». « Nous ne transmettons pas ces informations sauf si la police nous le demande ». Ce sont les mots précis prononcés par le patron du premier opérateur de téléphonie mobile dans le monde China Mobile et ses 530 millions d'abonnés à la fin de l'année dernière.
Pour Wang Jianzhou, le fait de transmettre ces informations, sans en informer les abonnés, lui semble parfaitement naturel. Et en bon gestionnaire, il trouverait également intéressant de vendre ces fichiers à des régies publicitaires.
Officiellement, ce n'est pas encore le cas, mais on constate tout de même, et je peux moi même en témoigner ; les abonnés de China Mobile sont déjà bombardés de SMS publicitaires et de messages personnalisés. Un usage commercial et policier des outils de communication qui n'est pas nouveau.
Les dirigeants de Yahoo ont récemment reconnu qu'ils avaient transmis des informations aux autorités chinoises. Informations qui avaient permis l'identification et l'arrestation d'un dissident qui s'exprimait sur Internet depuis son compte Yahoo. Un cyberdissident condamné depuis à 10 ans de prison.
Ces nouvelles révélations sur l'usage des fichiers de téléphonie mobile ont aussitôt provoqué de très vives critiques à Davos. « Cela fait froid dans le dos », a déclaré un député américain, président de la Commission des télécommunications à la Chambre des représentants.
Source:
http://www.rfi.fr/actufr/articles/097/article_61992.asp