
Les entreprises qui s'appuient trop sur le crédit sont ainsi particulièrement exposées et certaines côtoient dangereusement le dépôt de bilan, a expliqué Li Rongrong, président de la Sasac, commission chargée de l'administration et de la surveillance des biens publics.
Le gouvernement a pour habitude de durcir le crédit en fin d'année mais le tour de vis est encore plus marqué depuis ces deux derniers mois et, de l'avis des banquiers, la nouvelle donne sera également applicable au début de l'année 2008.
"Le tour de vis macroéconomique vient juste de s'amorcer", résume Li.
Les autorités chinoises ont dit au début du mois que la priorité de 2008 serait de durcir la politique monétaire pour éviter toute surchauffe de l'économie.
Les entreprises chinoises ont investi tous azimuts dans la production ces dernières années, au risque de sacrifier les marges, et certaines d'entre elles sont contraintes d'emprunter simplement pour pouvoir couvrir leurs charges de production.
C'est ainsi que la Chine a laissé couler des milliers d'entreprises publiques surendettées depuis les années 90, dans le cadre d'un processus de restructuration qui a également permis à certaines entreprises, en particulier dans les matières premières, de se renforcer progressivement.
DIVIDENDES
Les entreprises publiques chinoises, administrées par le pouvoir central, ont fait état d'une croissance globale de leurs bénéfices de 31,7% sur la période janvier-novembre, à 918,66 milliards de yuans (124,5 milliards de dollars), rapporte l'agence Chine nouvelle mardi.
Le China Securities Journal estime que plus de 60% des bénéfices de l'an passé ont été dégagés par neuf sociétés seulement, dont PetroChina, Baosteel et China Mobile.
Les entreprises contrôlées par Pékin doivent soumettre au gouvernement d'ici jeudi leurs projets en matière de dividende sur les bénéfices nets de l'an passé, a également annoncé la Sasac. Cette initiative s'inscrit dans une autre, plus large et attendue de longue date, visant à mieux répartir les richesses de la nation.
La commission, qui collecte les dividendes, lance un ballon d'essai cette année, n'imposant que la moitié du coefficient qui sera applicable l'an prochain.
Pékin a dit la semaine dernière que les entreprises du secteur des matières premières, pétrole et électricité inclus, devraient payer un dividende de 10% à partir de 2008, tandis que les entreprises des secteurs concurrentiels, comme l'acier et l'électronique, seraient limitées à 5%.
La Sasac administre un peu moins de 150 entreprises et souhaite ramener ce nombre à moins de 100, par le biais de fusions ou de cessions.
Li a confirmé le souhait de la commission de voir davantage d'entreprises publiques chinoises être cotées en Bourse, en Chine ou à l'étranger.
Source:
http://today.reuters.fr/news/newsArticle.aspx?type=businessNews&storyID=2007-12-18T085526Z_01_TOY832016_RTRIDST_0_OFRBS-CHINE-ENTREPRISES-20071218.XML&archived=False