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A l'entrée du magasin, le rayon peluches donne le la. Un gros ours blanc de la marque Playkids attire immédiatement les enfants. "Fabriqué en Chine", précise l'étiquette, qui stipule aussi "des risques de déperdition et d'ingestion de poils". On essaie : les fibres s'arrachent facilement. Pas d'ours polaire, donc, pour la petite cousine de 3 ans.

Les garçons foncent alors vers un Tigrou dansant (Mattel pour Disney). Dix lignes de texte pour trouver, enfin, la mention "fabriqué en Chine". Même constat pour la peluche animée tirée du film Ratatouille (fabriquée en Chine), dont l'emballage porte une mention inattendue : "La cuillère ne va pas au four à micro-ondes." Exit, Ratatouille. "Dommage, moi je le trouvais marrant", confie l'un des deux garçons, qui l'avait repéré dans un spot télévisé.

L'enfant a beau jeter un coup d'oeil suppliant, l'été nous a servi de leçon. Les scandales à répétition de Fisher-Price ou Mattel obligent les parents à une vigilance accrue. Plus de 95 % des Français, selon TNS Sofres, savent par exemple désormais que les plastiques utilisés dans les jouets contiennent parfois des phtalates (cancérigènes et reprotoxiques), que de petits aimants mal fixés peuvent perforer la paroi intestinale s'ils sont avalés, et que les peintures peuvent contenir du plomb. Mais dans les magasins, comment faire ?

Plus de 91 millions sur les 130 millions de jeux et jouets vendus en France proviennent de Chine. Toutes les marques sont concernées, dès lors qu'elles sous-traitent leur fabrication. C'est notamment le cas, chez PicWic, de 100 % des rayons poupées, figurines (Action Man, Star Wars,...) et peluches. Y compris dans leur version "éthique" estampillée WWF.

Des alternatives existent. On peut choisir une peluche Blanchet, par exemple. "Nous sommes les seuls à travailler encore en France", confie Michel Blanchet, installé près d'Argenton-sur-Creuse (Indre). Ses animaux, vendus notamment au Nain Bleu, sont montés à la main avec des fourrures tissées et non tricotées, donc aux poils mieux fixés. Encore faut-il accepter d'y mettre le prix : de 15 à 1 500 euros, soit le double d'un modèle chinois équivalent.

Retour chez PicWic, au rayon des 0 à 2 ans. Aucune recommandation d'utilisation ne figure sur le jeu d'activités Tiny Love (chinois), qui contient, pourtant, de petites pièces en plastique. Pas davantage de conseils pour les parents qui veulent acheter la chenille musicale Megcos (chinoise), dont le texte le plus visible est écrit en anglais. Certains jouets ne portent pas d'indication d'origine.

"Oh, c'est Monsieur Patate !" s'exclament les garçons en fonçant vers l'étagère où trône la famille joyeuse (Playskool, Hasbro). Pas de chance, le M. Patate "pirate" (vu dans les publicités) qui trône en pièces détachées dans sa boîte transparente, est également chinois. Ses couleurs sont-elles toxiques ? On s'interroge, on désespère. Même le train de Oui-Oui est arrivé de la région de Canton au Havre, en bateau cargo. Sur cette boîte, les conseils de sécurité sont en revanche un peu plus détaillés : "Otez les fils avant de remettre le jouet à votre enfant", prévient la marque anglaise Golden Bear.

A ce petit jeu, le rayon consacré à la construction paraît presque sympathique. La marque française Meccano aligne quelques boîtes - peu "glamour" - mais où trône parfois un "fabriqué en France" en lettres blanches. "Nos produits viennent de l'usine de Calais, mais aussi de Chine dès qu'il y a des motorisations", explique Alain Ingberg, le PDG.

Les Lego, eux, arrivent du Danemark, de Hongrie et de République tchèque. Mais les garçons semblent davantage intéressés par un stand Playmobil bleu pétant. Ils chantent : "Playmobil, en avant les histoires !" Ces enfants regardent trop la télé...

Sur les boîtes où les indications figurent en 22 langues, on peut lire "made in Germany". On respire. Ça y est ! On a quitté la Chine, ses ateliers surchauffés, ses cadences soutenues et ses risques d'intoxication. "T'as de la chance de travailler avec les Playmobil. Moi j'adore !", lance l'un des garçons au vendeur qui remplit ses rayons en prévision de Noël. Lui, sourit.

L'entreprise fabrique près de Nuremberg (Allemagne), mais aussi à Malte, en Espagne et en République tchèque. "C'est un choix, dit Bruno Bérard, PDG de Playmobil France. Nous souhaitons maîtriser tout le process." Les pièces sont teintées dans la masse et soudées par ultrasons. Les paquets sont contrôlés par la pesée. Au gramme près. Résultat, les prix ne sont pas donnés, mais les enfants - comme 19,7 % des petits Français, selon un sondage récent de l'enseigne Grande Récré - en redemandent. Et hop, dans la hotte.

Restera ensuite à choisir entre les jouets en bois du Jura et les jeux de société : le jeu Dora vient du Canada, Le Verger d'Haba arrive d'Allemagne, comme le célèbre Panic-O-poulailler (Ravensburger). Pas sûr, en revanche, que ceux là soient souvent mentionnés dans les sacro-saintes lettres au Père Noël...
 
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