
Même si l'argent manque, les laboratoires pharmaceutiques occidentaux investissent. Essais cliniques de médicaments, centres de recherche intégrés, partenariats de recherche, chacun se positionne pour le long terme.
Sanofi Synthélabo a commercialisé en Chine son premier médicament, le Cordarone, un anti-arythmique, dès 1982. Mais son chiffre d'affaires réalisé sous la marque Sanofi-Aventis a atteint à peine 200 millions d'euros. L'anglo-suédois AstraZeneca, pourtant leader des laboratoires occidentaux, a enregistré un chiffre d'affaires de seulement 250 millions d'euros. Tous laboratoires confondus, la pharmacie occidentale n'a atteint en Chine que 12 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros) de ventes en 2005. Elle espère passer à 27 milliards de dollars en 2010. Un chiffre dérisoire par rapport aux besoins, mais un taux de croissance à deux chiffres permet aux laboratoires d'être optimiste. Au second semestre 2007, Sanofi-Aventis a annoncé un chiffre d'affaires en hausse de 67 % par rapport à la même période de 2006.
Les laboratoires savent toutefois que leur meilleur allié est la promesse d'une assurance maladie capable d'indemniser les malades. " Le président Hu Jintao a promis une couverture maladie de base pour tous les Chinois d'ici 2020", explique Olivier Charmeil, vice-président Asie de Sanofi-Aventis. " Nos projections montrent qu'en 2011 la Chine sera le cinquième marché mondial pour le médicament", ajoute Thomas Kelly, directeur général de Sanofi pour la Chine.
"STRATÉGIE DE PARTENARIAT"
L'émergence d'une classe moyenne capable d'autofinancer ses soins permet aux laboratoires de tester le marché. Alors que les maladies infectieuses dominent encore dans les campagnes, les patients des centres urbains ne diffèrent pas des patients occidentaux. Les cinq meilleures ventes de Sanofi sont le Plavix (antithrombotique), l'Aprovel (hypertension), l'Eloxatine (cancer), l'Essentiale (régulateur hépatique) et le Taxotere (cancer).
Les stratégies des différents laboratoires demeurent toutefois largement conditionnées par les desiderata des autorités de santé. " Nous avons une stratégie de partenariat parce que ce qui intéresse le gouvernement chinois, c'est le transfert de technologie", indique Marc Cluzel, vice-président chargé de la recherche de Sanofi-Aventis. Quand l'anglo-suédois AstraZeneca et le suisse Novartis prévoient de dépenser 100 millions de dollars dans des centres de recherche intégrés, Sanofi-Aventis investit dans une usine de vaccins dernier cri et multiplie les partenariats avec de prestigieux centres de recherche fondamentale chinois.
Les budgets d'essais cliniques de médicaments incluent désormais la Chine. " Ce n'est pas le prix de revient plus faible des essais cliniques qui nous intéresse, c'est la qualité des tests qui sont menés en Chine", assure M. Cluzel. Les patients chinois se pressent d'autant plus nombreux aux tests que c'est pour l'instant leur seul espoir d'atteindre à une médecine de qualité. D'ici 2010, la Chine espère capter 2 % des sommes investies mondialement dans la recherche et développement.
Source:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-987376@51-953878,0.html